Suisse: l'embarrassant séjour du président camerounais Paul Biya

Une femme porte une banderole avec l'inscription «Paul Biya, premier responsable de l'immigration en Europe» lors d'une manifestation contre la présence du président camerounais Paul Biya à Genève, le 29 juin 2019.
© FABRICE COFFRINI / AFP

Il y a des touristes dont on se passerait bien... À Genève, c'est peu dire que le dernier séjour de Paul Biya ne passe pas vraiment inaperçu. Manifestations d'opposants devant son hôtel, arrestation de plusieurs gardes du corps du président camerounais après l'agression d'un journaliste... De quoi embarrasser les autorités suisses, engagées au même moment dans une délicate négociation entre le gouvernement camerounais et les séparatistes des régions anglophones.

Avec notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche

Est-ce le précédent Abdelaziz Bouteflika au début de l'année ? Toujours est-il qu'il devient de plus en plus compliqué pour certains dirigeants de séjourner discrètement au bord du lac Léman. Paul Biya est pourtant un habitué de la Suisse.

D'après une ONG spécialisée dans la lutte anti-corruption, le chef d'État camerounais aurait déjà passé, depuis son élection il y a 37 ans, plus de quatre ans et demi à l'étranger, dont une bonne partie au très chic hôtel Intercontinental de Genève où il aurait ses habitudes. La même ONG estime le coût d'une seule nuit à l'hôtel pour le président et son entourage à 40 000 dollars.

Une dépense des deniers publics jugée scandaleuse pour les opposants à Paul Biya, qui en sont venus aux mains la semaine dernière avec les gardes du corps du président camerounais. Un journaliste suisse a même été agressé. Six membres du service de sécurité de Paul Biya ont, depuis, été condamnés à des peines avec sursis.

Mais le malaise demeure. Berne a rappelé à l'ordre la représentation camerounaise. Genève, de son côté, parle d'un événement totalement inacceptable. Un député a même lancé une pétition pour réclamer le départ immédiat de Paul Biya. Elle a déjà récolté plus de 11 000 signatures.

Le socialiste Sylvain Thévoz affirme que, comme le secret bancaire, l'accueil à Genève de dictateurs africains est peut-être une tradition que la Suisse doit désormais abandonner.

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