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Gambie

Gambie: marche contre la multiplication des viols

Vue de Banjul, capitale de la Gambie.
© Getty Images/Ariadne Van Zandbergen

Une semaine après les révélations de Human Rights Watch sur la prédation sexuelle de l'ancien président Yahya Jammeh, la société civile gambienne se mobilise. Toufah Jallow, qui accuse publiquement de viol l'ancien dictateur, est la figure de proue de ce mouvement, #IamToufah, lancé conjointement avec l'association gambienne des droits de l'homme TANGO. Plus d'une centaine de personnes ont défilé ce jeudi 4 juillet sur Kairaba avenue, avant de se réunir pour des prises de parole.

Une foule mixte, de tous âges et à l'unisson pour dénoncer les agressions sexuelles en Gambie. « Non, c'est non », « Notre corps, notre choix », ou « Plus jamais de viol », tels étaient les slogans entonnées par des manifestants déterminés à se faire entendre. Jerreh Badjie, cofondateur du mouvement #IamToufah, est satisfait de la mobilisation.

« Je ne m'attendais pas à voir beaucoup de personnes aujourd'hui, confie Jerreh Badjie. Mais là, on voit que les gens sont sortis. Il y a plusieurs personnes qui sont venues dénoncer ce qui se passe en Gambie. Il y a des activistes et des victimes parmi les manifestants. »

Toufah Jallow, qui accuse Yahya Jammeh de viol, est devenue le visage de la lutte contre les violences sexuelles. Un combat qu'elle veut mener ici malgré sa nouvelle vie à l'étranger. « Je voulais que le débat commence ici, explique-t-elle. C'est important car il faut briser le mur du silence. Beaucoup de femmes souffrent »

Pour Madi Jobarteh, coorganisateur de l'événement, la parole peut enfin se libérer : « Nous assistons à une révolution, quelque chose d'inédit en Gambie. »

Le mouvement contre les violences sexuelles a reçu le soutien du gouvernement. En témoigne l'autorisation de manifester - chose rare - et les communiqués du ministre de la Justice qui encouragent les victimes à s'exprimer.

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