RCA: le manioc flambe à Bangui

Des racines de manioc, partie comestible de la plante
© David Monniaux/Wikimedia CC

A Bangui, les foyers s’inquiètent. Il est devenu difficile de trouver du manioc dans la capitale. Le manioc est mangé sous forme de « boule gozo», sous forme de bâton fermenté, le « chikwangue », ou encore sous forme de poudre… Il est la base de l’alimentation des Centrafricains. Près de 700 000 tonnes ont été produites en 2018 (en légère baisse de 3% par rapport à l’année 2017). Aujourd’hui la bassine de manioc coûte près du double de son prix habituel.

Dans les allées du marché central de Bangui, le manioc se fait rare. Pisca tient un petit stand de légumes et crudités. « Il n'y a pas de manioc, le manioc c’est cher. Ngaoui c’est 4500 francs CFA, normalement c’est 2500 FCFA. Un sachet comme ça 500 FCFA. Les clients viennent acheter mais c’est cher. C’est très cher. C’est grave en Centrafrique pour le manioc. »

Un problème pris au sérieux par la FAO. Plusieurs éléments selon l’organisation expliqueraient cette flambée des prix. La période de soudure, la spéculation liée aux problèmes de carburants ainsi qu’un troisième facteur, détaille Abel Kongbo, le point focal (ou référent) Sécurité alimentaire de la FAO.   

« À des endroits, on nous fait comprendre qu’il y a des cas de maladies qui font que les pieds de manioc pourrissent.

RFI : Et vous au niveau de la FAO est-ce que ça vous inquiète en terme de sécurité alimentaire à Bangui ?

Tout à fait. Déjà on a des points d’études pour savoir l’ampleur du pourrissement des tubercules dans les zones ciblées. On est en train de réaliser des analyses pour voir si c’est les pratiques qui poussent au pourrissement ou bien si c’est une maladie qui a attaqué pour qu’on arrive à cette situation. »

Cette augmentation du prix du manioc vient s’ajouter à d’autres difficultés en ville notamment le manque de liquidités.

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