Tchad: Idriss Déby ordonne la levée des restrictions sur les réseaux sociaux

Le président tchadien Idriss Déby a justifié la restriction au nom de la sécurité (illustration).
© Ludovic MARIN / AFP

Le président tchadien Idriss Déby a annoncé ce samedi 13 juillet la fin de la censure imposée aux réseaux sociaux depuis plus d’un an. L'annonce coïncide avec la fin du Forum sur le numérique.

« J'appelle les services concernés à lever immédiatement la mesure de restriction aux réseaux sociaux », a déclaré Idriss Déby en clôture du Forum Tchad Numérique.

Le chef de l'État a expliqué que cette restriction avait été justifiée par des raisons de sécurité. Il a également dénoncé la « cyberhaine » et le « cybercommunautarisme » qui caractérisent la blogosphère tchadienne. Une allusion aux propos virulents, voire déplacés, de nombreux acteurs tchadiens qui, privés d’accès aux médias publics, se servent d’internet comme d'exutoire.

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L'annonce du président tchadien a immédiatement été suivie d'effet. Depuis ce samedi après-midi, les Tchadiens n’ont plus besoin de VPN pour se connecter à Facebook et WhatsApp.

Selon nos sources, Idriss Déby se plie aux injonctions de la communauté internationale qui a multiplié les pressions ces dernières semaines pour exiger le respect de la liberté de communiquer sans contrainte.

C'est « une très bonne nouvelle », salue Julie Owono, directrice exécutif d'Internet sans frontières, tout en regrettant qu'il ait fallu attendre plus de quinze mois pour que cette restriction soit abandonnée. « Quinze mois pendant lesquels les individus n'ont pas pu utiliser normalement leurs droits d'accéder à internet et de s'exprimer sur internet. Des mois au cours desquels les internautes tchadiens ont perdu énormément d'argent. La plupart d'entre eux ont dû avoir recours à un VPN. Dans un pays où le coût d'accès à internet est si élevé, utiliser un VPN relève du luxe », remarque-t-elle.

Et si l'accès aux réseaux sociaux a été rétabli, la connexion à internet est la même qu'avant : toujours aussi chère et de mauvaise qualité, regrette encore Julie Owono. « Nous pensons que c'est important qu'il y ait une collaboration avec la société civile pour faire avancer cet agenda-là », dit-elle à l'adresse des autorités tchadiennes et des opérateurs de télécommunications.

Les principaux réseaux du pays étaient devenus inaccessibles à la fin du mois de mars 2018, au moment où un mouvement de contestation s'élevait contre un changement de Constitution visant à renforcer les pouvoirs du président. Deux ans plus tôt, les autorités avaient déjà procédé à un blocage des réseaux sociaux durant 235 jours. Selon Internet sans frontières (ISF), cela avait coûté plus de 18 millions d'euros à l'économie tchadienne.

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