Afrique du Sud: Jacob Zuma se défend devant la commission anticorruption

L'ex-président Zuma a été entendu par la commission anticorruption, à Johannesburg, ce lundi 15 juillet.
© Wikus de Wet/Pool via REUTERS

L’ex-chef de l’État comparaît depuis ce lundi matin devant une commission chargée de faire la lumière sur les accusations de corruption durant sa présidence. Depuis un an, celle-ci a entendu des dizaines de ministres, élus, hommes d’affaires ou hauts fonctionnaires et Jacob Zuma a été mis en cause à plusieurs reprises lors de ces témoignages.

Ce lundi matin, l’ancien président Jacob Zuma comparaissait depuis la première fois devant la commission anticorruption Zondo. C’est un ex-chef d’État sur la défensive qui s’est exprimé et pendant plus de trois heures, il s’est défendu, se présentant comme une victime d’un complot pour l’écarter, pour l’éliminer. « On m’a calomnié, présenté comme le roi des corrompus, a-t-il dénoncé, crucifié ma famille et essayé de m’empoisonner à plusieurs reprises. »

Un complot qui, selon lui, remonterait à l’époque où il était le chef des renseignements de l’ANC, le Congrès national africain, pendant la lutte contre le régime d’apartheid. Un complot qui continuerait aujourd’hui.

Jamais il n’a cité de nom, mais il a évoqué du bout des lèvres des agences de renseignements, et évoqué des personnes venues de l’étranger. Il a également dénoncé la partialité de cette commission. Puis s’adressant au président de la commission, Jacob Zuma a souligné qu’il était important de remettre les accusations dont il fait l’objet dans ce contexte d’attaques dont il est victime depuis plusieurs décennies.

Pas d’inculpation

Cette audition, ce matin, se passait devant une commission et non pas un tribunal. Cette commission a été mise sur pied il y a environ un an, après la démission forcée du président Zuma. Une démission poussée par son propre parti, justement parce qu’il était embourbé dans des scandales financiers.

Des dizaines de personnes sont venues témoigner contre lui : des ministres, des élus, des hommes d’affaires ou encore des hauts fonctionnaires. Certains affirment même avoir fait l’objet de pression de la part de l’ex-président ou de tentative de corruption de la part de ses amis proches.

Malgré toutes les accusations dont il fait l’objet, Jacob Zuma n’a jamais été formellement inculpé. Depuis qu’elle a lancé ses auditions, la commission a compilé un épais dossier à charge contre l’ex-président, mais elle n’a pas le pouvoir de l’inculper. Elle peut uniquement transmettre ses conclusions à la justice.

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