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La faim poursuit sa progression dans le monde

Un enfant victime de malnutrition au Centre pédiatrique de Bangui, le 4 décembre 2018. Plus de 43 000 enfants de moins de cinq ans devraient être confrontés à un risque extrêmement élevé de décès dû à la malnutrition en 2019, selon l'UNICEF.
© FLORENT VERGNES / AFP

Selon un rapport publié ce lundi 15 juillet par les Nations unies, la faim dans le monde affectait 821,6 millions de personnes en 2018, contre 811 l'année précédente. Après des décennies de baisse, il s'agit de la troisième année consécutive de hausse de la sous-alimentation, appelée aussi insécurité alimentaire.

Après des années de baisse, la sous-alimentation ne cesse d'augmenter depuis 2015. L'année dernière, elle touchait 821,6 millions de personnes, indique un rapport annuel publié ce lundi par plus organisations des Nations unies. Une personne sur neuf souffre ainsi de la faim. En cause, notamment : les conflits et le réchauffement climatique.

La perspective d'un monde sans aucune personne en état de sous-alimentation à l'horizon 2030, qui est l'un des objectifs de développement durable fixés pour cette échéance, relève d'un « immense défi », note le rapport. « On n'atteindra pas d'ici 2030 » cet objectif, a asséné lors d'une conférence au siège des Nations unies le patron du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley.

« Sans sécurité alimentaire, nous n'aurons jamais de paix et de stabilité », a-t-il averti, en soulignant l'interaction entre ces paramètres. Partout où des groupes extrémistes ont de l'influence, la faim est utilisée par eux comme une arme pour diviser ou recruter, a mis en garde David Beasley.

20 % de la population concernée en Afrique

Le rapport, rédigé par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, avec le concours du Fonds international pour le développement de l'agriculture, l'Unicef, le PAM et l'OMS, relève que la sous-alimentation reste prévalente sur de nombreux continents. En Afrique, elle touche près de 20 % de la population ; en Asie, plus de 11 % ; en Amérique latine et dans les Caraïbes, moins de 7 %.

En ajoutant à ces personnes souffrant de la faim celles touchées par l'insécurité alimentaire, les Nations unies estiment que plus de 2 milliards d'habitants de la planète, dont 8 % vivent en Amérique du Nord et en Europe, n'ont pas régulièrement accès à des aliments sains, nutritifs et en quantité suffisante.

Paradoxalement, le rapport observe que la surcharge pondérale et l'obésité continuent d'augmenter dans toutes les régions, en particulier chez les enfants d'âge scolaire et les adultes. En 2018, environ 40 millions d'enfants de moins de cinq ans présentaient ainsi un excès de poids. En 2016, 131 millions d'enfants de 5 à 9 ans, 207 millions d'adolescents et 2 milliards d'adultes étaient en surpoids, selon le rapport.

(Avec AFP)


■ Situation alarmante en Afrique de l’Est

Près de 256 millions d'Africains n'ont pas mangé à leur faim en 2018, et 676 millions sont en situation d'insécurité alimentaire : ils n'ont pas accès régulièrement à une nourriture saine et équilibrée. Si l'ensemble du continent est concerné, l'Afrique de l'Est est la région où la situation est la plus alarmante, avec une personne sur trois souffrant de malnutrition.

Pour la troisième année consécutive, les indicateurs se dégradent, s'alarme l'ONU, au point qu'il parait de plus en plus difficile d'atteindre l'objectif d'éradiquer la faim à l'horizon 2030. Les causes de cette dégradation sont de trois ordres, les conflits, le dérèglement climatique, et - troisième cause plus spécifiquement étudiée cette année - les crises économiques et la montée des inégalités sociales.

Le rapport montre aussi que les pays où la faim augmente le plus ne sont pas les plus pauvres, mais ceux qui sont fortement dépendants des échanges extérieurs. L'ONG Oxfam, qui publie elle aussi un rapport sur la faim, dénonce la trop grande spécialisation de certains pays, adeptes de la monoculture, qui les expose aux variations des prix mondiaux, tout en réduisant les terres disponibles pour les cultures vivrières. Là où l'ONU pointe l'abandon des politiques sociales, les ONG dénoncent les méfaits de la mondialisation.

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