Burkina Faso: début du dialogue politique initié par le président Kaboré

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.
© LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

Annoncé dès le mois d'avril, le dialogue politique initié par le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, s'est ouvert ce lundi 15 juillet dans la capitale Ouagadougou. Il se poursuivra jusqu'au 22 juillet et vise à réunir les acteurs politiques autour de la même table afin d'aborder des sujets d'intérêt national.

Le dialogue politique voulu par le président Roch Marc Christian Kaboré s'inscrit dans une logique d'apaisement de la vie politique burkinabè, marquée ces derniers mois par de fortes divergences entre l'opposition et le gouvernement.

Le chef de l'État a ainsi fait part de sa volonté de mettre « la question du pouvoir au second plan » pour se concentrer « sur la cohésion et l'unité de l'État ». Dans son discours d'ouverture, le président burkinabè s'est voulu à l'écoute des partis politiques, de la majorité comme de l'opposition, afin que ceux-ci puissent apporter « leur contribution » à la gestion du pays.

Contexte sécuritaire

Plusieurs problématiques sensibles seront abordées lors de cette semaine d'échange, notamment la question du vote des Burkinabè de la diaspora aux prochaines élections, mais aussi « le contexte sécuritaire particulier » entourant ce scrutin. Le président Kaboré a réaffirmé sa « volonté de faire tenir des élections libres, démocratiques et transparentes sur l'ensemble du territoire national et à l'étranger ».

Pour Bindi Ouoba, porte-parole du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), le parti présidentiel, « nous sommes dans une situation où nous devons faire face au terrorisme. C’est notamment la question de l’existence même qui se pose aujourd’hui : est-ce qu’il ne faut pas dépasser les clivages partisans et les intérêts égoïstes personnels pour ne voir que l’intérêt de l’État ? »

Quid du vote de la diaspora ?

De son côté, l'opposition compte bien saisir l'occasion pour remettre sur la table ses préoccupations concernant la réforme du code électoral et les modalités entourant le vote de la diaspora burkinabè. « L’opposition n’a pas accepté l’adoption du nouveau code électoral tel que la majorité présidentielle avait fait, indique Rabi Yameogo, le secrétaire général national de l'Union pour le progrès et le changement (UPC). Nous avons souhaité aussi que nous puissions parler de la gouvernance politique et comme tous ces points ont été intégrés dans le cadre de la discussion, qu’est-ce qu’on peut convenir dans la conduite des affaires du pays ? C’est ce que nous attendons de cette politique nationale. »

L'opposition souhaite également clarifier le calendrier électoral et obtenir une date pour l'organisation du futur référendum constitutionnel. Si ce dialogue permet de mobiliser la classe politique, l'analyste Abdoul Karim Saidou du Centre pour la gouvernance démocratique rappelle tout de même que nombre de ces questions ont déjà fait l'objet de consultations sans aboutir à des réformes concrètes jusque-là.

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