Tchad: «sit-in» d'artistes en soutien aux victimes d'Hissène Habré

Une vue de Ndjamena, capitale du Tchad (image d'illustration).
© Xaume Olleros / AFP

Au Tchad, cela fait quatre mois que les victimes du régime de l’ancien président Hissène Habré manifestent pour réclamer l’application de la décision de justice condamnant les complices de l’ancien chef de l’État. Comme toutes les manifestations publiques sont interdites, c'est devant leur association, à Ndjamena, que les victimes ont organisé, vendredi 19 juillet, un « sit-in ». Elles ont reçu le soutien de plusieurs personnalités publiques, parmi lesquelles des artistes et des hommes politiques.

C’est l’artiste N2A qui est à l’origine de cette manifestation dont l’objectif est d’en rajouter aux échos des victimes dont la complainte a commencé à devenir inaudible au bout de quatre mois.

« Cette manifestation a eu lieu parce que le problème de ces victimes est un problème national. Et pour moi, en tant qu’artiste, c’est un devoir de venir apporter mon soutien pour que les veuves et les orphelins puissent regagner l’ombre parce que cela fait plus de quatre mois qu’ils sont sous la canicule. Si c’est un État qui respecte vraiment son peuple, il aurait déjà dû trouver une panacée à cela », a-t-il souligné.

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Depuis leur condamnation par la justice tchadienne, les responsables de l’appareil sécuritaire qui ont aidé l’ancien président à commettre les crimes ont presque tous été relâchés et leurs biens, qui devaient être saisis comme une partie des indemnisations, ne l’ont pas été.

« Lorsque les veuves ont rencontré le ministre de la Justice, il leur avait dit que remettre ces gens dans leur lieu de détention, ce n’était pas quelque chose de difficile. Donc, le ministre devrait déjà instruire le procureur général pour qu’il fasse la saisie des biens de ces condamnés et qu’on les remette à Moussoro. C’est ce que nous attendons », précise Clément Dokhot Abaïfouta, président de l’Association de victimes des crimes du régime de Hissène Habré.

Pour le cas de Hissène Habré, condamné quant à lui à Dakar, le processus d’indemnisation se met en place. Il y a quelques semaines, l’Union africaine, en charge de recueillir les fonds devant servir à l’indemnisation des victimes, a signé un accord avec le Tchad dans ce sens.

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