Ebola en RDC: démission du ministre de la Santé Oly Ilunga

Le Docteur Oly Ilunga, ministre de la Santé de la RDC, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion des Nations Unies sur le virus Ebola en République démocratique du Congo, tenue à Genève, le 15 juillet 2019.
© FABRICE COFFRINI / AFP

En République démocratique du Congo (RDC), alors que l'épidémie d'Ebola est devenue une urgence mondiale, le ministre de la Santé a démissionné. Dans une lettre adressée au chef de l'État, le docteur Oly Ilunga a contesté la reprise en main de la riposte contre l'épidémie d'Ebola par la présidence qui a confié sa coordination non plus au ministère de la Santé mais au patron de l'Institut national de Recherche biomédicale (INRB), le professeur Jean-Jacques Muyembe.

Le Docteur Oly Ilunga revient sur tout l'historique du différend qui l'oppose à la présidence. Depuis février, Félix Tshisekedi aurait, à plusieurs reprises, tenté de reprendre la main sur le dispositif anti-Ebola. Le ministre de la Santé, issu du régime sortant, parle de décret signé à son insu, de l'importance de maintenir des « lignes de commandement clairement identifiées » ainsi que du risque « de confusions et d'une cacophonie préjudiciables » à la riposte.

Plus précisément, le Docteur Ilunga accuse le comité d'experts mis en place par la présidence d'avoir pris des « initiatives ayant suscité des interférences dans la conduite de la riposte ». Selon son entourage, c'est notamment son rival, le professeur Jean-Jacques Muyembe, que le docteur Ilunga vise par ce commentaire. Il lui reproche d'avoir appuyé, sans son autorisation, le lancement d'essais sur un nouveau vaccin dont l'efficacité ne se serait pas avérée.

Le docteur Ilunga met aussi en garde le président de la République contre le lancement d’une nouvelle expérimentation sur un deuxième vaccin.

Réponse de la présidence et des experts mis en cause

En reprenant le contrôle sur la lutte contre le virus Ebola, la présidence dit espérer donner un nouvel élan à la riposte et assurer une meilleure coordination avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autres acteurs étrangers.

En creux, c'est bien sûr la politique menée par le ministre de la Santé démissionnaire qui est mise en cause. Ce dernier est accusé de « ne pas avoir su faire sentir la présence de l'État » sur le terrain. C'est aussi l'avis du professeur Muyembe qui dit trouver « anormal » que l'épidémie dure aussi longtemps.

Tout juste nommé par Félix Tshisekedi à la tête de la riposte, le patron de l'INRB assure que son objectif sera de remettre la RDC aux commandes de la lutte contre le virus Ebola, avec l'appui des organisations étrangères, et pas l'inverse.

Sur l'affaire du nouveau vaccin, le patron de l'Institut national de recherche biomédicale se défend en expliquant qu'il s'agissait là d'une « simple proposition » de son Institut pour faire face à une éventuelle pénurie du vaccin utilisé à l'heure actuelle.

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