Le témoignage d'une ancienne captive de Boko Haram destinée à mourir en kamikaze

Beaucoup de personnes déplacées internes ont quitté leurs habitations pour résider dans les environs de Maiduguri, dans des bâtiments partiellement détruits (image d'illustration).
© Fati Abubakar/RFI

Les attaques suicides sont l'un des marqueurs de l'insurrection menée par Boko Haram. Et Maiduguri a été la cible d'une multitude d'explosions à la bombe. Le groupe armé a instrumentalisé des enfants et des femmes pour mener ces opérations mortelles. Falmata a aujourd'hui 20 ans. Elle aurait dû mourir après avoir été désignée kamikaze par la secte.

Falmata se souvient de chaque instant de ses 15 mois de captivité par Boko Haram. Trois commandants du groupe armé l’épousent tour à tour. Ces trois hommes meurent au combat. Au décès du troisième, un des hauts responsables de Boko Haram tranche. Falmata doit mener une attaque suicide.

« Ils ont attaché la bombe ici juste sous ma poitrine. Ils m'ont demandé de me diriger si possible vers une foule ou des soldats. D'appuyer sur la télécommande pour tuer les gens. J'ai répondu d'accord. Je me suis mis en chemin. Je me suis volontairement perdu en route. Comme l'engin n'était pas cadenassé, j'ai pu retirer la bombe. Et je me suis enfuie. »

Interrogatoire et programme de déradicalisation

Dans sa fuite, la jeune femme croise une patrouille militaire. D'abord très méfiants, les soldats l'emmènent à Maiduguri, où Falmata est interrogée longuement.

« Cette bombe que j'ai portée était dissimulée dans une ceinture. Ils m'ont considérée comme une gamine qui ne sait pas ce qu'est une bombe. C'est vrai je ne suis pas une spécialiste des engins explosifs. Mais je savais qu'une bombe, ce n'était pas une bonne chose. »

Après plusieurs mois en programme de déradicalisation, Falmata est de nouveau libre de ses mouvements.

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