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Gambie Justice

Gambie: nouveaux témoignages de «junglers» devant la Commission

Le «jungler» Ismaila Jammeh lors de son audition devant la Commission.
© TRRC pour RFI

Depuis lundi, trois nouveaux « junglers », ces anciens hommes de main de Yahya Jammeh qui ont commis ou se sont rendus complices d'atrocités, ont été entendus. La Commission cherche à connaître les degrés de responsabilité de chacun des témoins pour envisager des poursuites judiciaires à la fin de ses travaux.

Plusieurs soldats ont laissé entendre qu'ils ne savaient pas dans quoi ils mettaient les pieds en rejoignant les « junglers ». C'est le cas de Lamin Badjie. Une ligne de défense mise à mal par l'avocate.

« Vous connaissiez leur modus operandi, vous saviez que c'était un groupe de tueurs, de tortionnaires et de criminels. Vous avez même donné pour exemple la façon dont ils enfreignaient la loi en faisant du trafic de cannabis et la façon dont vous les aidiez. »

Lamin Badjie : « c'est exact »

Lamin Badjie se présente comme un « jungler » périphérique. L'homme de main des hommes de main. « J'étais celui qui préparait les barbecues », a-t-il expliqué sans ironie.

Que faire de l'alibi d'Isamaila Jammeh ? « J'étais parti uriner quand ils ont tué les prisonniers », a expliqué ce « jungler ». Le journal Kerr Fatou le décrit comme l'homme qui était toujours près d'une scène de crime sans jamais en être le témoin.

Pa Ousman Sanneh connaissait-il la mission du jour : étouffer l'homme politique Baba Jobe sur son lit d’hôpital ? « Non, dit le « jungler », je suis resté à l'extérieur sans savoir ce qui était en cours. » « Vous essayez de vous mettre à l'abri des responsabilités », s'agace l'avocat général.

Ces trois hommes ne sont pas sans reproches, ils ont avoué leur participation directe ou indirecte à d'autres atrocités. Mais la Commission a l'intuition que tout n'a pas été dit.

En attendant, faute de poursuites judiciaires, les craintes que les «junglers» ne s'évanouissent dans la nature agitent familles de victimes et ONG, comme Reed Brody, de Human Rights Watch.

Une des possibilités aurait été de les inculper pour la forme et une fois inculpées, nous pouvons mettre des mesures contraignantes pour que ces gens ne disparaissent pas, on peut mettre des contrôles plus forts sur ces personnes.

«Rien, formellement, ne les empêche de quitter la Gambie»
07-08-2019 - Par Bineta Diagne

Lire aussi : Libération des «junglers»: «C'est l'impunité qui règne en Gambie»
→ Lire aussi : Gambie: consternation après la libération de trois des «junglers»

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