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Mali ONU

Mali: la Minusma a rendu son rapport sur le massacre de Sobane Da

Cérémonie du souvenir et d'hommage aux victimes de Sobane Da: «Plus jamais ça au Mali» peut-on lire sur la banderole, monument de la Paix, Bamako, le 15 juin 2019.
© REUTERS/Annie Risemberg

Au Mali, la division des droits de l'homme de la Minusma, la mission de maintien de la paix des Nations unies, publie son rapport d'enquête sur le massacre de Sobane Da, dans le centre du Mali. C'était le 9 juin dernier, des hommes armés s'en prenaient à ce village du cercle de Bandiagara, tuant au moins 35 personnes dont 22 enfants de moins de 12 ans. D'après le rapport de la Minusma, le massacre de Sobane Da est le point d'orgue de mois de violences inter-communautaires dans la région.

C'est vers 17 heures, le 9 juin 2019 qu’une quarantaine d’hommes armés arrivent à Sobane Da. Armés de fusils automatiques, ils tirent à vue, puis entrent dans le village, incendient cases et greniers. La plupart des victimes meurent brûlées vives ou asphyxiées et près de 330 personnes fuient vers les villages voisins. Bien que l'armée malienne ait été prévenue le soir même, ce n'est que le lendemain que les militaires arriveront à Sobane Da.

D'après l'enquête des Nations unies, qui ont pu interroger des survivants, des témoins ou encore des autorités locales et coutumières, ce massacre s'inscrit dans une spirale de violences inter-communautaires. Les témoins ont pu identifier les auteurs comme étant des jeunes peuls d'un village avoisinant appartenant à un groupe d'auto-défense. Des jeunes dogons de Sobane Da, probablement membres d'une brigade de surveillance, ont quant eux essayé de répliquer. Dans les vestiges du village, les enquêteurs ont retrouvé deux armes collectives artisanales, sortes de fusils montés sur trépied, dont l'usage reste encore incertain.

Le mobile religieux exclu

Les enquêteurs des Nations unies n'ont pas établi d'affiliation des assaillants de Sobane Da à « un quelconque groupe armé extrémiste. » Ils excluent également un mobile religieux à cette attaque, bien que l'église du village et des maisons marquées d'une croix aient été épargnées.

« La violence armée entre communautés au centre du Mali continue de s'étendre », conclut l'enquête. D'après la Minusma, ces attaques ont fait plus de 440 morts depuis le début de l'année, soit déjà 30 de plus qu'en 2018.

Sobane Da reste sans doute l'attaque la plus grave, mais depuis 2018, 43 incidents de ce type ont été enregistrés par les Nations unies sur l'ensemble des villages de la commune de Madougou, dont dépend Sobane Da.

Quelques jours après l'attaque, le président Ibrahim Boubacar Keïta s'est rendu à Sobane Da, promettant justice et poursuite de ceux qui possèdent illégalement des armes. Le pôle judiciaire spécialisé a ouvert une enquête, qui n'a pas encore abouti à des arrestations.

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