Afrique du Sud: la décision d’extrader l'ex-ministre mozambicain M. Chang reportée

Manuel Chang, ancien ministre des Finances du Mozambique.
© NICHOLAS KAMM / AFP

La justice sud-africaine a décidé, ce lundi 12 août, de reporter sa décision concernant l'extradition de l'ancien ministre des Finances mozambicain Manuel Chang vers les États-Unis. Cette décision intervient après un nouveau recours du Mozambique qui souhaite le voir juger à Maputo.

La justice américaine accuse Manuel Chang d'avoir empoché 12 millions de dollars de pots-de-vin dans l'affaire dite des « dettes cachées du Mozambique », un vaste réseau d'emprunts contractés illégalement par l'État mozambicain, pour un montant de deux milliards de dollars, entre 2013 et 2015. Des dizaines de personnes font - comme lui - l'objet de poursuites pour leur implication dans ce vaste scandale international qui aurait permis de détourner 200 millions de dollars, selon les enquêteurs américains, et qui a plongé le Mozambique dans une très grave crise économique.

En début de cette année, trois banquiers, un cadre d'une société libanaise et l'ancien ministre des Finances mozambicain sont arrêtés à Londres, New York et Johannesburg.

Ils sont tous poursuivis par un tribunal new-yorkais qui les accuse d'avoir « escroqué des investisseurs et possibles investisseurs » et d'avoir détourné des fonds en marge des emprunts contractés dans le plus grand secret par l'État mozambicain.

Parallèlement, au Mozambique, depuis le mois de février, au moins dix personnes sont également détenues pour leur implication dans ce scandale. Parmi elles figurent Ndambi Guebuza, le fils de l'ancien président mozambicain Armando Guebuza, ainsi que la secrétaire privée de celui-ci et l'ancien chef de la Sécurité nationale.

Le 30 juillet dernier, le Mozambique a aussi lancé des poursuites contre le Franco-Libanais Iskandar Safa dont le groupe de chantiers navals Privinvest a signé plusieurs contrats avec des entreprises publiques mozambicaines.

Un banquier suisse a notamment révélé récemment, devant un tribunal de New York, que l'homme d'affaires lui a versé d'importants pots-de-vin pour s'assurer l'obtention de prêts faramineux de la part de la banque Crédit Suisse, également mise en cause dans cette affaire. Des accusations « fermement contestées » par Iskandar Safa qui a dénoncé « les pressions » de la justice américaine.

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