Libération de Junglers en Gambie: un traumatisme psychologique pour les victimes

La Commission vérité et réconciliation dispose d'une unité de soutien aux victimes dont une unité de soutien psychologique, mais ses moyens sont insuffisants selon notre interlocutrice, Fatou Jagne Senghor de l'association article 19 (août 2019).
© RFI/Romain Chanson

En Gambie, où se déroulent les auditions de la Commission vérité et réconciliation sur la dictature de Yahya Jammeh, quatre Junglers, les hommes de main du régime, sont sortis de détention ce 10 août. Pour les victimes, une épreuve qui nécessite davantage de soutien psychologique selon l'association Article 19 qui les soutient.

En Gambie, les récits précis des assassinats racontés par leurs auteurs, les Junglers, avec des méthodes plus proches de la mafia que la conduite militaire ont constitué un premier choc émotionnel pour les victimes de la dictature de Yahya Jammeh. L'annonce de leur libération, sans poursuites judiciaires, le 10 août, a été un second traumatisme pour les familles, ignorées du gouvernement gambien, dénonce Fatou Jagne Senghor de l'association Article 19.

« Le pays est presque à terre et on a l'impression que les victimes ont été livrées à elles-mêmes, nous explique t-elle. Il n'y a pas eu de soutien constant des autorités. Au contraire, on les a presque obligées à accepter le fait accompli ».

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« On vous sort des énormités, poursuit Fatou Jagne Senghor. Quelqu'un a tué votre père, quelqu'un a découpé votre fils, et après cela vous entendez le ministre de la Justice dire : "Je recommande que ces auteurs d'atrocités soient libérés parce qu'ils ont confessé, ils ont dit la vérité, ils ont dit ce qu'ils ont commis et c'est dans l'intérêt des victimes". C'est dans l'intérêt des victimes que l'on n'a pas consulté ? C'est dans l'intérêt des victimes dont on ne sait pas quel est l'état mental ? »

La Commission vérité et réconciliation dispose certes d'une unité de soutien aux victimes dont une unité de soutien psychologique. Mais ses moyens et ses compétences sont insuffisants, estime encore Fatou Jagne Senghor.

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