Gabon: le défilé de la fête nationale dominé par la présence d'Ali Bongo

Le président gabonais Ali Bongo et la première dame Sylvia Bongo assistent au défilé militaire pour la fête du 59e anniversaire de l'indépendance, à Libreville, le 17 août 2019.
© Steve JORDAN / AFP

Le Gabon célébrait, ce samedi 17 août, la fête nationale qui marquait le 59e anniversaire de l'indépendance avec, comme temps forts dans la matinée, des cérémonies officielles et un défilé militaire en présence du président Ali Bongo. Il s’agit là d’une des rares apparitions publiques du président, dix mois après son AVC.

Le défilé a eu lieu en fin de matinée et a été réglé comme les aiguilles d’une montre. Ali Bongo, costume-cravate, le visage barré par des lunettes noires, est arrivé debout sur son command-car. Appuyé sur une canne, il est descendu tout doucement et avec beaucoup de précaution, sous bonne surveillance de sa garde.

Traînant son pied droit, Ali Bongo s’est immobilisé pour écouter l’hymne national. Il a ensuite gravi une à une les marches de la tribune officielle où il a été ovationné par le public. Certains ont avoué l’avoir vu pour la première fois depuis son accident vasculaire cérébral, le 24 octobre 2018.

Ali Bongo, assis à côté de son épouse Sylvia, a admiré le passage devant la tribune des unités de son armée.

« Nous sommes heureux de l’avoir vu, ce n’est pas un sosie. Il est aux commandes de notre pays », a déclaré à la fin de la cérémonie Sylvie Kotha, députée du parti au pouvoir. Louis Gaston Mayila, l’unique opposant présent, a refusé de s’exprimer.

Il faut dire que la Garde républicaine a sérieusement protégé l’image du chef de l’État. C’est elle qui a choisi les moments pour autoriser les caméras indépendantes de filmer le président de la République.

Pour la figure de l'opposition, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, le discours qu'a tenu Ali Bongo à la télévision vendredi et son optimisme exagéré sont la preuve que le président ne suit plus les affaires courantes du pays.

Si certains doutaient qu'Ali Bongo avait perdu pied, ce discours en est la preuve. Prenons un exemple simple : le FMI a arrêté ses mission de revue au Gabon. On ne peut pas venir dire après ça que tout va bien, soyons sérieux.

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, membre de l'Union nationale (UN)
18-08-2019 - Par Léa-Lisa Westerhoff

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