Madagascar: un «mapathon» à Antananarivo pour compter les arbres

Vue générale d'Antananarivo, capitale de Madagascar
© Getty/ Martin Harvey

Combien y a t-il d’arbres dans la capitale malgache Antananarivo ? C’est une question à laquelle tente de répondre la mairie d’Antananarivo et l’organisation de recherche américaine World Resources Institute avec la mise en place d’un « mapathon », un événement de cartographie collaborative. Agents de la commune et chercheurs se sont réunies pendant trois jours pour comptabiliser les arbres de la ville. Des données essentielles pour pouvoir reboiser la capitale malgache, pauvre en espaces verts.

Devant les ordinateurs, les employés de la commune d’Antananarivo comptent un à un les arbres de la ville sur des images satellitaires. Lucienne Wilmé est la coordinatrice nationale du centre de recherches World Resources Institute.

« Les arbres, c'est le poumon de la ville, souligne Lucienne Wilmé. On sait qu'on en a pas assez. Ce qu'il nous faut savoir, c'est combien il y en a, combien on pourrait en ajouter et à terme, aller en planter aussi dans la périphérie. On voit que les Antananariviens s'intéressent aux arbres, et on profite de la connaissance de terrain de ces employés de la commune qui identifient des parcelles. On a 3000 parcelles d'échantillonnage pour estimer la courverture arborée d'Antananarivo. »

Parmi les employés se trouve Zoely Razafindranivoarivao, assistante technique en agriculture urbaine. « C'est une ville qui est très polluée, insiste-t-elle, alors c'est essentiel de reboiser pour séquestrer le carbone et diminuer la pollution de l'air. » Antananarivo affiche en effet un taux de particules fines trois fois plus élevé que les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

A l’origine de cet événement dans la capitale, le projet Cities 4 Forests ou « les villes soutiennent les forets ». « Le but est d’accroitre la sensibilité et d’initier des actions chez les habitants et les responsables des villes en faveur des arbres et des forets, explique John-Rob Pool, chargé de la mise en œuvre de cette initiative. Et cela en observant les bénéfices qu’ils apportent aux villes et aux citadins. Ce qui est très stimulant,c’est qu’Antananarivo est la première ville au sein de ce projet à faire cette collecte de données. »

Pour Tesfay Woldemariam, spécialiste en système d'information géographique au World Resources Institute, le mapathon sera très utile aux autorités. « Cela va permettre au gouvernement et aux décideurs politiques d’avoir des objectifs à cinq ou dix ans. Grace à ces informations ils peuvent aussi suivre leur progrès »

Des données collectées seront disponibles d’ici le mois de septembre. Le taux de couverture d’arbres de la capitale ne devrait pas dépasser les 10%.

 

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.