Le Nigeria obligé de verser 9 milliards de dollars pour un projet gazier avorté

Une petite entreprise gazière a été autorisée par un tribunal londonien à saisir près de 9 milliards de dollars d'actifs (8,1 milliards d'euros) auprès d'Abuja après l'échec d'un projet gazier au Nigeria.
© ©George Osodi/Bloomberg via Getty Images

Un tribunal londonien a jugé légitime vendredi 16 août la demande de saisie d'une entreprise contre le Nigeria, suite à l'abandon d'un projet gazier.

L'affaire débute en 2010, quand Process and Industrial Developments Ltd (P&ID), une entreprise basée dans le paradis fiscal des îles Vierges britanniques, signe un accord avec le Nigeria pour construire une usine de traitement de gaz à Calabar, une ville du littoral proche de la frontière camerounaise.

L'accord prévoyait notamment que les autorités nigérianes fournissent du gaz à P&ID. Mais ces dernières n'ont pas rempli leurs engagements et l'entreprise, dont le projet a dû être abandonné, porte plainte devant un tribunal arbitral. En 2013, il ordonne à Abuja de verser à l’entreprise 6,6 milliards de dollars (5,9 milliards d’euros). Soit une estimation de ce qu’elle aurait gagné pendant les 20 ans de l’accord.

Le Nigeria tente alors d’annuler le jugement en assurant qu’il n’était pas soumis à l’arbitrage international, et estime que c’est à la justice britannique de se prononcer.

Celle-ci a finalement validé vendredi 16 août la demande de saisie et les 6,6 milliards (5,9 milliards d’euros) se sont même transformés en 9 milliards (8,1 milliards d’euros), avec l’ajout d’intérêts générés depuis 2013.

Cette somme est aujourd’hui égale à 20% des réserves de change du pays. Le gouvernement ne s’est pas encore prononcé sur ce verdict, mais il jugeait déjà en 2017 le montant « excessif ». L’avocat de l’entreprise a assuré qu’elle lancerait la procédure de saisie aussi vite que possible.

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