Madagascar s'engage à ne plus vendre ses stocks de bois précieux

Copeaux de bois précieux laissés par des bûcherons dans la forêt de Vohibola, près du village de Manambato à Madagascar, le 24 mars 2019.
© RIJASOLO / AFP

La Grande île est tristement connue pour ces nombreux trafics de bois précieux et notamment de bois de rose, exportés très souvent vers la Chine, même si la coupe et l’exportation sont interdites. Madagascar s'est engagé à ne plus en vendre, « pour le moment ».

L'annonce est arrivée lundi 19 août par la délégation du ministère malgache de l’Environnement à la conférence de la Cites, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction. C’est la première participation de Madagascar à cette réunion, qui a lieu en ce moment à Genève.

« Aucune commercialisation de bois précieux n’est envisagée pour le moment », a annoncé le secrétaire général du ministère de l’Environnement, Lala Ranaivomanana, lors de son discours devant le comité permanent de la Cites. Si l’État malgache parvient à prendre contrôle de la totalité des bois précieux déjà coupés et à disposer des capacités nécessaires en matière de contrôle forestier, la vente pourra reprendre, précise le ministère.

La vente sera destinée en priorité à l’utilisation locale, pour la réhabilitation des œuvres d’art et l’artisanat. Une décision positive mais insuffisante pour les organisations de la société civile engagées dans la défense de l’environnement.

« Il faut d’abord sanctionner les barons actuels et passés de la mafia du trafic de bois de rose, explique Ndranto Razakamanarina, le président de l’Alliance Vohary Gasy. C’est une condition indispensable pour une meilleure gouvernance des ressources naturelles. » Le responsable de cette plateforme réunissant 27 ONG malgaches regrette aussi que « le ministère de l’Environnement n’associe pas la vraie société civile, notamment lorsqu’il s’agit de faire les inventaires des stocks sur le terrain ».

Même son de cloche pour la coalition Lampogna, qui œuvre dans l’est du pays, où pousse la plupart du bois précieux. Son fondateur, Clovis Razafimalala, déplore « le manque de transparence de l’État sur la gestion des stocks de bois précieux ».

« Pour gérer les stocks, il faut mettre en place une commission mixte avec la société civile et les collectivités locales qui connaissent parfaitement les mécanismes de ce trafic, poursuit ce défenseur des ressources naturelles. Ensuite, nous déciderons ensemble de ce qu’il faut faire avec ce bois coupé saisi. Par exemple, il ne faut pas gérer le stock en comptant les rondins mais en mètres cubes ou en tonnes, parce qu’on peut couper un rondin pour en obtenir quatre et cela permet encore les trafics. »

Le ministère de l’Environnement a fait savoir que la Cour spéciale de lutte contre le trafic de bois de rose et bois d’ébène mis en place l’année dernière a condamné 19 accusés à 20 ans de travaux forcés et à une amende de 25 000 euros chacun.

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