RDC: l'ANR demande l’audit des dépenses ministérielles depuis janvier

Le président congolais Félix Tshisekedi lors de sa visite à Washington, le 3 avril 2019.
© ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Dans un courrier qui circule sur les réseaux sociaux, le chef de la très puissante Agence nationale de renseignements (ANR) demande un audit de tout l'argent dépensé par les différents ministères depuis l'investiture de Félix Tshisekedi en janvier dernier.

La lettre siglée ANR est datée du 17 août. En quelques paragraphes, Justin Inzun Kakiak, le chef de l'Agence nationale de renseignement, ordonne à l'inspecteur général des finances d'auditer « tous les décaissements de fonds du Trésor public en faveur de tous les ministères du gouvernement depuis l'investiture de Félix Tshisékédi ». En clair, doivent être examinées chacune des dépenses engagées par les différents ministères depuis janvier dernier.

Pourquoi cette initiative maintenant ? Depuis plusieurs semaines des ONG et acteurs de la société civile font état de soupçons de détournements de fonds dans différents ministères. Exemple : le ministère des Affaires sociales qui aurait décaissé 600 000 dollars destinés à une opération humanitaire dans le Sud-Kivu. Mais selon ces ONG, cet argent ne serait jamais parvenu aux bénéficiaires au Sud-Kivu, mais aurait été placé sur un compte privé à Kinsahsa. L'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ) se félicite donc que l'ANR vienne mettre le nez dans ces accusations.

Reste la question du mandataire : l'ANR a-t-elle le pouvoir de demander à l'inspecteur général des finances de lancer un audit ? Sachant qu'il existe une Cour des comptes et que l'inspection générale des finances n'a pas besoin d'une demande pour se saisir.

Pour le directeur de la Ligue congolaise de lutte contre la corruption, le plus important est de s'attaquer aux soupçons de corruption et que la justice demande des comptes.

Étant donné que la Cour des comptes ou l'Inspection générale des finances ne font pas ce travail-là alors l'ANR s'en est mêlée pourvu qu'au bout du compte on puisse sanctionner le coupable ou ceux qui gèrent mal.

Ernest Mpararo, directeur de la Licoco
21-08-2019 - Par Léa-Lisa Westerhoff

D'autres sources voient donc dans ce courrier une mesure plus politique. Une façon de mettre la pression sur Félix Tshisekedi alors qu'il doit rendre public son gouvernement attendu depuis sept mois.

Quoi qu'il en soit, sur les réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui appellent à ce que cet audit soit élargi aux dépenses de la présidence, et non pas aux seuls ministères. Ce qui, selon eux, serait une réelle preuve de transparence et de changement en RDC.

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