Soudan: inculpé, l'ex-président Béchir se défend au sujet de fonds saoudiens

Le président soudanais déchu Omar el-Béchir au tribunal de Khartoum, le 31 août 2019.
© REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah

Omar el-Béchir a été formellement inculpé de possession illégale et d'utilisation frauduleuse de fonds étrangers par un tribunal de Khartoum hier. Il encourt jusqu'à 13 ans de prison selon le juge. C'était la troisième audience depuis l'ouverture du procès de l'ancien président le 19 août dernier. À la barre, Omar el-Béchir s'est défendu au sujet de plusieurs millions de dollars qu'il aurait recu d'Arabie saoudite.

Au début du procès, les enquêteurs avaient évoqué 90 millions de dollars saoudiens. Mais hier devant le tribunal, l'ancien président s'est seulement expliqué au sujet de 25 millions de dollars, envoyés par Mohammed Ben Salman, le prince héritier d'Arabie saoudite. Une somme que l'ancien président soudanais aurait reçue à titre personnel pour protéger l'anonymat du prince, et qu'il aurait dépensée en dons à des hôpitaux, des universités et pour acheter du blé. Les avocats d'Omar el-Béchir ont déjà annoncé qu'il présenteraient à la barre des témoins et des preuves de son innocence lors de la prochaine audience le 7 septembre.

Omar el-Béchir a été destitué et arrêté le 11 avril dernier. Peu après, les autorités militaires assuraient avoir saisi l'équivalent de 113 millions de dollars dans l'une de ses résidences à Khartoum. C'est donc pour des faits de corruption que ce procès s'est ouvert.

Omar el-Béchir est également accusé de meurtres commis lors des manifestations à l'encontre de son régime, qui avaient débuté en décembre dernier. Mais la date de ce procès n'a pas été annoncée. Par ailleurs, les nouvelles autorités de Khartoum n'ont jusqu'ici pas exprimé la volonté de transférer l'ancien président à la Cour pénale internationale qui l'accuse de crime de guerre et de crimes contre l'humanité dans la région du Darfour.

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