Afrique du Sud: le président Ramaphosa condamne les violences xénophobes

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa au siège du Parlement à Cape Town, le 20 juin, 2019. (Image d'illustration)
© REUTERS/Rodger Bosch

Dans la nuit du lundi à mardi 3 septembre, de nouveaux incidents ont éclaté dans le township d’Alexandra, un des quartiers pauvres de Johannesburg où habitent de nombreux étrangers. Plusieurs magasins ont été pillés et brûlés.

Alors qu’il n’y avait eu que peu de réactions jusqu'ici de la part des autorités sud-africaines, le président Cyril Ramaphosa a « condamné » ce mardi, « dans les termes les plus forts », les violences xénophobes qui secouent le pays depuis dimanche soir, les jugeant « totalement inacceptables ».

« Je condamne dans les termes les plus forts les violences qui s'étendent dans quatre provinces » du pays, dont les capitales économique, Johannesburg, et politique, Pretoria, a déclaré le chef de l'État dans une vidéo postée sur son compte Twitter. « Les attaques visant des commerçants étrangers sont totalement inacceptables, ce sont des choses que nous ne pouvons pas accepter en Afrique du Sud. Il ne peut y avoir aucune justification - peu importe les griefs qu’on peut avoir - pour qu'un Sud-Africain s'en prenne à des gens d’autres pays.
Parce qu’ils doivent comprendre que quand ils agissent de la sorte ici, leurs compatriotes risquent eux aussi d’être attaqués dans d’autres pays. Nous sommes un pays qui est complètement engagé contre la xénophobie. Nous n'autorisons pas et ne nous ne pouvons pas tolérer des attaques contre des Africains, ou habitants de tout autre pays.
 »

Ces violences ont éclaté dimanche dans le sud de Johannesburg et se sont déplacées vers le township d'Alexandra lundi soir, la foule attaquant des commerces détenus par des étrangers. Bilan ce mardi : une cinquantaine de magasins détruits, certains incendiés, et sept personnes arrêtées.

Plusieurs organisations de la société civile ont condamné ces violences contre les étrangers. Certaines critiquent également le manque de réaction des autorités sud-africaines face à ces incidents. Pour Daniel Byamungu, de l’ONG Right to Know (« le droit de savoir »),  les autorités sont complices de cette violence par leur inaction et les propos provocateurs de certains de membres du gouvernement.

À la télévision, le ministre de la Santé dit que la santé est dans une condition détériorée parce qu'il y a beaucoup d'étrangers dans ce pays ; le ministre de la Police a dit que Johannesbourg est peuplée à 80% par des étrangers et qu'il faut que la population se réveille...

Daniel Byamungu dénonce l'attitude des autorités
04-09-2019 - Par Alexandra Brangeon

Phénomène récurrent 

Qui trouve-t-on derrière ces attaques ? La police parle d’éléments criminels, d’actes spontanés, de gens qui profitent du chaos pour piller, mais différentes organisations de la société civile évoquent des attaques planifiées, ciblant les étrangers.

Alexandra est un quartier où vivent près de 200 000 personnes sur 7 km, dont de nombreux étrangers, car c'est un quartier central et pas cher.

Ce phénomène de violences xénophobes n’est pas nouveau dans le pays. Il y a une tension permanente entre Sud-Africains pauvres et étrangers. Le pays accueille des milliers personnes de tout le continent : Zimbabwe, Nigeria, République démocratique du Congo, Somalie... Et tous les 3 ou 4 ans, il y a un pic de violence. Les locaux accusent les étrangers de prendre leur travail et d’être responsables de tous les trafics.
 

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