Rwanda: pourquoi des figures du régime s'évanouissent-elles provisoirement?

Le ministre des Affaires étrangères rwandais Richard Sezibera, ici le 5 mars 2019.
© Cyril NDEGEYA / AFP

La disparition de la scène publique, pendant plusieurs semaines, de figures du régime de Kigali, parmi lesquels le ministre des Affaires étrangères Richard Sezibera, ou encore l'ancien chef d'état-major James Kabarebe, interroge. Pour les détracteurs de Paul Kagame, ces personnalités sont entrées en disgrâce. Pour le gouvernement rwandais, c'est une nouvelle campagne de dénigrement du pays, photos à l'appui. La polémique enfle sur les réseaux sociaux entre le gouvernement et ses détracteurs.

Le chef de la diplomatie rwandaise n'avait pas tweeté depuis le 14 juillet, alors qu'il est constamment présent sur les réseaux sociaux. « Le ministre était simplement souffrant », assure une source officielle. Richard Sezibera lui-même a fini par sortir de son silence... pour dénoncer sur Twitter des « théoriciens du complot ».

Mais les opposants et ex-dignitaires du régime disent avoir noté la disparition pendant plusieurs semaines d'Emmanuel Ndahiro, ex-chef des renseignements, ou du général James Kabarebe, l'un des piliers de l'armée rwandaise.

C'est notamment David Himbara, l'ancien conseiller du président Kagame, qui mène la charge. Depuis la mi-août, a écrit lundi ce détracteur, l'ancien chef d'état-major et ministre de la Défense serait en résidence surveillée.

Dans la foulée, le général se retrouve partout à la Une des journaux du régime. « Les exposer en public, c'est le dernier jeu en ville », n'en démord pas l'opposant. « Himbara, vous êtes devenu un farceur », réplique un membre du gouvernement.

Pour le chercheur Filip Reyntiens, lui-même pris à partie pour avoir posé la question sur les réseaux sociaux, cette situation est révélatrice d'un double phénomène : d'abord de la mise à l'écart depuis vingt-cinq ans de certains des caciques du régime par Paul Kagame ; d'autre part, de la volonté de l'opposition de jouer sur les dissensions au sein du parti au pouvoir, le FPR, et de semer la zizanie en propageant rumeurs et spéculations.

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