Afrique du Sud: la société civile se mobilise contre les violences xénophobes

Un magasin endommagé par les rixes xénophobes, le 3 septembre 2019, à Johannesburg.
© REUTERS/Marius Bosch

Face aux vagues d’attaques xénophobes, récurrentes dans le pays depuis 2008, des organisations sud-africaines ont décidé de se regrouper au sein d’une coalition pour présenter un front uni.

Les violences à l’égard des ressortissants étrangers continuent, principalement dans la ville de Johannesburg. Des attaques ont fait dimanche soir deux nouveaux morts, et des magasins ont à nouveau été vandalisés. Le Nigeria prévoit de rapatrier 600 de ses ressortissants à partir de mercredi.

Face à cette situation, des syndicats, des militants, des associations ont tenu à exprimer publiquement leur honte vis-à-vis de la situation, comme Teboho Mashota, de l’organisation des avocats pour les droits de l’homme : « Nous sommes honteux, car après 25 ans de démocratie, voilà où nous en sommes. Nous continuons à nous battre entre nous. Cela ne peut pas se produire, pas au nom de tous les Sud-Africains. Il faut que cela cesse. Tous les 4 ans, on se retrouve au même point ».

Frustration

Pour Mametlwe Sebei, président d’un syndicat de travailleurs de différentes industries, les étrangers sont des proies faciles pour des Sud-Africains frustrés par la situation économique. « Pour nous, ces attaques xénophobes sont des attaques contre la classe ouvrière, dit-il. Ce ne sont pas n’importe quels migrants qui sont ciblés, mais les plus pauvres. Tout cela est lié à un chômage et une pauvreté qui augmentent, ce qui pousse à s’en prendre aux migrants comme boucs émissaires, ce qui permet de faire oublier les échecs du système. »

Demande de prise de position

La police préfère parler de criminalité plutôt que d’attaques xénophobes. La coalition demande une prise de position plus ferme des pouvoirs publics, comme l’explique son porte-parole, Anthony Williams : « Nous voulons que l’État prenne toutes ses responsabilités. Nous voulons qu’ils arrêtent avec leur déni qu’il n’y a pas de xénophobie dans le pays. Nous voulons que le système judiciaire prenne les choses en main, et poursuive chacun des attaquants ».

Une grande marche est prévue samedi, en solidarité avec les victimes de ces violences.

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