L'avenir du G5 Sahel au cœur du sommet extraordinaire de la Cédéao à Ouagadougou

De gauche à droite, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, le président de la BAD, Akinwumi Adesina, le président nigérien Mahamadou Issoufou et le chef d'Etat malien Ibrahim Boubacar Keïta, le 14 septembre 2019 à Ouagadougou.
© ISSOUF SANOGO / AFP

La capitale burkinabè Ouagadougou accueille ce week-end un sommet extraordinaire des dirigeants des quinze pays de la Cédéao, plus le président tchadien Idriss Déby et le nouveau chef de l'Etat mauritanien Mohamed Ould Ghazouani. La rencontre est dédiée à la lutte contre le terrorisme jihadiste et, en creux, à l'avenir de la force du G5 Sahel.

Le premier à parler avant le huis clos a été le président du Burkina Faso, qui a dressé un tableau sombre de la situation. Ces six derniers mois, les conséquences des attaques terroristes ont atteint un niveau très alarmant et entraîné une crise humanitaire sans précédent. « Nous sommes tous concernés », a déclaré Roch Marc Christian Kaboré.

En parlant notamment de la force conjointe G5 Sahel et de la force mixte multinationale contre Boko Haram autour du bassin du lac Tchad, le Nigérien Mahamadou Issoufou a posé lui le débat en ces termes : faut-il trouver un substitut au dispositif actuel ou bien le renforcer ? « La réponse doit tenir compte de l’urgence de la situation », a-t-il aussitôt répondu.

Financement interne

Un consensus semble donc se dégager sur la nécessité de renforcer les capacités des États concernés, appuyer leurs armées en matériel aérien et en hommes, accroître aussi la coopération policière, notamment le partage de renseignements, la mutualisation des moyens, et insister sur le développement des zones touchées. C’est ce que recommande le président de la commission de la Cédéao, Jean-Claude Brou, qui a appelé les dirigeants ouest-africains à mettre la main au portefeuille.

Il s'agit du cœur de la stratégie. « Un financement interne aurait pour conséquence la claire indication de la fermeté de la Cédéao dans la lutte contre le terrorisme et cela pourrait contribuer à mobiliser les ressources externes », a lancé Jean-Claude Brou. Les représentants de la France, de l’Union européenne, de l’Arabie saoudite ou encore des Émirats arabes unis présents dans la salle auront entendu le message.

« Les mesures de lutte contre le terrorisme doivent bénéficier d'un soutien financier conséquent, prévisible et durable, par nous-mêmes d'abord et par l'implication effective de tous nos partenaires », a martelé Moussa Faki Mahamat, le président de la commission de l'Union africaine (UA).

« Lors du sommet du G7 à Biarritz, le président Kaboré et moi-même avions fortement plaidé en faveur d'un financement de la lutte contre le terrorisme, notamment au Sahel, par les Nations unies à travers des contributions obligatoires des Etats-membres, a-t-il poursuivi. Alors que nous nous préparons à participer à l'Assemblée générale des Nations-Unies, nous appelons l'ONU à assumer pleinement et plus efficacement ses responsabilités et son leadership en tant que seul organe chargé de la sécurité mondiale ».

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