Madagascar: les renseignements financiers expliquent leur fonctionnement

Boto Tsara Lamina, patron du Samifin, a souhaité mettre les points sur les i et rappeler le mode de fonctionnement du Service de renseignements financiers, l'un des acteurs majeurs de la lutte contre la corruption à Madagascar, le 13 septembre 2019.
© Sarah Tétaud/RFI

Le directeur général du Samifin, le service de renseignements financiers, a souhaité s’exprimer vendredi 13 septembre devant la presse pour communiquer sur le fonctionnement de son institution. La raison : plusieurs cas de personnes mal intentionnées prétendant agir au nom du Samifin et prétendant posséder un dossier à charge ont récemment fait chanter des victimes pour leur extorquer de l’argent. Des agissements qui ternissent l’image du service en charge d’enquêter sur les flux financiers illicites et particulièrement sur le blanchiment de capitaux.

Trois personnes sont actuellement en détention provisoire et attendent leur procès devant le pôle anti-corruption d’Antananarivo. Elles sont soupçonnées de corruption et d’extorsion de fonds. L’une d’entre elles est un agent du Samifin. Face à ces situations dommageables pour l’image de l’institution, Boto Tsara Lamina, le directeur général a tenu à rappeler le mode opératoire de sa maison :

« Nous ne convoquons pas les personnes concernées par nos dossiers – d’ailleurs, elles sont censées ne pas savoir qu’elles sont concernées par nos dossiers -, nous n’interrogeons pas les personnes, nous ne les arrêtons pas, encore moins ! Tout ceci est du ressort des entités dotées des pouvoirs de police judiciaire (gendarmerie, police, …). Je veux que ce soit clair une bonne fois pour toute. Donc toute personne qui contacte qui que ce soit, une société quelconque, au nom du Samifin, le fait en toute illégalité. »

Questionné au sujet de la loi sur le recouvrement des avoirs illicites adoptée en juillet dernier (après des mois d’attente et de combat de la part de la société civile et du Samifin), Boto Tsara Lamina déplore l’absence de décrets d’application mais relativise :

« Cela n’empêche pas que la loi puisse fonctionner sur le volet opérationnel, c’est-à-dire tout ce qui concerne les investigations, la poursuite et le jugement. Des dispositions qui sont applicables dès que la loi a été promulguée. Maintenant, est-ce que deux mois suffisent pour se rendre compte d’un vrai changement ? Le vrai changement, pour moi, c’est que les lois sont enfin là. »

Reste désormais à rendre opérationnel le service de gestion et de recouvrement des avoirs illicites, pour que les biens mal acquis soient enfin saisis et confisqués. Peut-être l’étape la plus parlante pour une population malgache en attente de sanctions visibles au sein d’une oligarchie réputée intouchable.

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