Présidentielle en Tunisie: Participation faible à la mi-journée

Une Tunisienne dépose son bulletin dans l'urne le 15 septembre à La Marsa, dans les environs de Tunis.
© Fethi Belaid / AFP

En Tunisie, le vote se passe dans le calme pour la présidentielle. Près de sept millions délecteurs sont attendus dans les 13 000 bureaux de vote pour ce premier tour. Un scrutin dont le résultat est très incertain.

Article actualisé régulièrement,

À retenir
■ il y a 24 prétendants.
■ Parmi les candidats, il y a le Premier ministre au bilan contesté Youssef Chahed, le magnat des médias poursuivi pour blanchiment d'argent et incarcéré Nabil Karoui, ou encore le premier candidat du parti d'inspiration islamiste Ennahdha, Abdelfattah Mourou.
■ À quelques heures du silence électoral imposé la veille, deux candidats de second plan ont annoncé leur désistement en faveur du ministre de la Défense Abdelkarim Zbidi.
Les bureaux ont ouvert à l’heure et ils fermeront à 18 heures, heure de Tunis. (17h TU).

plus de 83% d'abstention à 13h

Paroles d'électeurs en Tunisie
15-09-2019 - Par Bineta Diagne

Selon l'ISIE, l’instance en charge des élections, la mobilisation est encore faible : 16,31% de taux de participation à la mi-journée. En 2014, ce taux intermédiaire avait été communiqué à 11 heures et il était de 12%.

À Tunis, cette journée électorale se déroule bien. Le vote a commencé à l’heure et dans le calme. Le matériel électoral était sur place depuis ce samedi, cela a certainement facilité l’organisation du scrutin ce matin.

Pas de dysfonctionnement relevé par les observateurs. D’après l’ONG Mourakiboun, 97% des bureaux de vote ont ouvert à l’heure. « L’atmosphère est calme, il n’y a pas d’infraction majeure », indique Fabio Massimo Castaldo, le chef de la mission d’observation de l’Union européenne, qui compte une centaine de personnes déployées dans le pays.

Tous les rapports nous disent qu'il y a une atmosphère calme.

Fabio Massimo Castaldo, chef de la mission d’observation de l’UE
15-09-2019 - Par Bineta Diagne

Les électeurs eux, se sont levés tôt. Une file d’attente s’est formée dès sept heures du matin dans certains bureaux de vote, avec essentiellement des personnes âgées, peu de jeunes dans les files d’attente dans la capitale. « Les personnes âgées votent le matin et les jeunes plus tard, l’après-midi » relativise tout sourire, Hayouni Fadhel, le président d’un bureau de vote de Mégrine.

► À relire les principales informations de cette matinée : vote dans le calme pour le premier tour

Une électrice tunisienne à Tunis, le 15 septembre 2019. © REUTERS/Zoubeir Souissi

Ambiance familiale à Jendouba

Le vote se passe dans le calme aussi dans la ville de Jendouba dans le nord-ouest du pays. L’ambiance est même familiale dans l’école de la place des martyrs. Cet établissement primaire s’est transformé, comme une trentaine d’écoles de la ville, en bureaux de vote. Des affiches expliquent les étapes du vote, elles recouvrent les fresques murales, naïves et colorées.

Les militaires sont à leur poste, assurant la sécurité des lieux dans la cour de l’école, plusieurs avions de chasse survolent la ville à l’ouverture des portes. À huit heures, ce dimanche matin, la première à être entrée, c’est Khadija. Foulard impeccable, elle a sorti des vêtements de fête pour ce jour qu’elle attendait depuis longtemps : « Je suis là pour voter, pour guider notre pays vers la démocratie. »

Des bénévoles en nombre guident les votants qui ressortent l’index marqué à l’encre bleue. À plus de 80 ans, Sidi Mohamed marche lentement et s’amuse du brouhaha devant les listes affichées au mur : « Il y a un encombrement pour chercher les noms, les numéros de noms dans les registres de vote. Moi, j’ai déjà voté plusieurs fois, mais cette fois-ci, c’est différent. C’est la liberté, le choix. J’ai vu la période de Bourguiba, la période de Ben Ali et la révolution. C’est une liberté maintenant, vous choisissez comme vous voulez. »

Parmi les votants, des mères avec leurs filles, comme Amina qui tient à participer à l’éducation civique de Yasmine, tout juste 18 ans : « On peut dire qu’on est malade, espérons bien qu’après qu’on ait voté, le pays aille mieux. Vivre dans un meilleur futur, avec un bon président. Il y a tant de présidents qui ne font rien, ils prennent de nous et ne font rien. »

Les candidats et politiques votent

Plusieurs candidats ont déjà voté lors de ce premier tour. Le candidat du parti islamiste Ennahda Abdelfattah Mourou et son épouse ont voté, à La Marsa, dans les environs de la capitale Tunis. Le chef du parti Ennahda, Rached Ghannouchi a lui aussi voté à Ben Arous près de la capitale Tunis.

Le Premier ministre tunisien sortant Youssef Chahed, lui-même candidat à l'élection présidentielle anticipée, est venu déposer son bulletin ce matin dans le bureau de vote de La Marsa. Kaïs Saïed a voté dans la capitale comme Hamma Hammami et Abir Moussi en fin de journée. Autre candidat, Nabil Karoui lui ne pourra pas voter, car il est en prison. Mais son épouse, Salwa Smaoui, qui a fait campagne en son nom, a voté à Tunis.

Alors que le ministre de la Défense et candidat à l'élection, Abdelkarim Zbidi, a voté à Sousse, comme l'ancien président et candidat Moncef Marzouki, ainsi que le Premier ministre par intérim, Kamel Morjane. Selma Elloumi a fait son devoir électoral à Nabeul. Le président par intérim, Mohamed Ennaceur, a voté cet après-midi à Tunis.

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