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Burkina Faso

Burkina Faso: la situation reste préoccupante dans la province du Soum

La zone du Soum, dans le nord du Burkina Faso, où a eu lieu l'attaque ce lundi 19 août.
© RFI

En fin de semaine dernière la police avait quitté la ville de Djibo. Les responsables avaient parlé de « repli tactique », des renforts militaires avaient été envoyés sur place par voie aérienne. À l’occasion du sommet extraordinaire de la Cédéao, un détachement de la force Barkhane était sur place  à la demande des autorités burkinabè pour la sécurisation du sommet et de la ville. Mais après le départ des forces françaises, la situation reste précaire dans la province du Soum et autour de cette ville, verrou important entre le nord du pays et la capitale Ouagadougou.

Selon des autorités locales, dans la nuit du mercredi à jeudi, les groupes armés ont détruit par explosif le pont de Boukouma, situé à 18 km d'Arbinda. L’objectif des groupes armés est de couper Arbinda de Dori. « Ils y sont presque parvenus » affirme une autorité locale. « Ce pont était un passage obligé entre Djibo et Dori, la capitale régionale » selon cet habitant. Une explosion qui intervient au lendemain du retrait des forces de l’opération Barkhane, venue en renfort à leurs partenaires burkinabè.

Pour la sécurisation du sommet de la Cédéao, les autorités burkinabè avaient fait appel aux Français de Barkhane qui ont déployé un détachement sur place avec toute la logistique : patrouille conjointe, formation et mis en place d’un dispositif de défense.

Face aux inquiétudes des populations pour la rentrée scolaire, le ministre de l’Éducation nationale assurait jeudi 19 septembre que « Djibo est aujourd’hui sécurisée et les forces spéciales sont toujours dans la province ». Quelques heures après ces déclarations, c’est l’école primaire et la préfecture de Baraboulé, à une trentaine de kilomètres de DJibo qui étaient incendiées par des hommes armés.

Malgré une forte présence des militaires burkinabè sur le terrain, « ça bouillonne autour de Djibo », juge un habitant, même s’il reconnait que moins de personnes quittent la ville contrairement à la semaine dernière.

 

Des morts dans un attentat à Toéni

Cinq militaires ont été tués et un autre blessé jeudi soir à Toéni, dans la province de Sourou, dans le nord-ouest du pays, non loin de la frontière malienne.

C'est vers 17h qu'une patrouille militaire tombe dans une embuscade. D'après une source de la gendarmerie nationale, le véhicule aurait d'abord sauté sur une mine, puis des hommes armés sont arrivés à motos. Les militaires ont demandé des renforts qui finiront par repousser les assaillants. Et ces derniers fuient en direction de la frontière malienne.

D'après la cellule communication de l'état-major général des armées, le dispositif sécuritaire vers Toéni a été depuis renforcé : des patrouilles de ratissage sont en cours et des hommes supplémentaires doivent être déployés dans les localités avoisinantes.

Ce n'est pas la première fois que Toéni est victime d'une attaque de ce genre. En avril dernier, une quinzaine de soldats avaient péri dans des circonstances similaires. « C'est toujours pareil, se désole un habitant de la ville. Une mine, puis des hommes à moto... C'est comme ça dans toute la région de la boucle du Mouhoun », conclut-il. Le Burkina partage près de 2000 kilomètres de frontière avec le Mali. « Nous faisons de notre mieux, mais il y a une grande porosité » reconnait une source à l'état-major.

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