L’ex-jungler gambien Michael Correa arrêté par l’immigration américaine

Un des ex-hommes de main du président gambien Yahya Jammeh a été arrêté aux États-Unis (illustration).
© REUTERS/Thierry Gouegnon

Michael Correa, un ancien homme de main de l'ex-président gambien Yahya Jammeh, a été arrêté aux États-Unis. Il est accusé d'avoir participé à une dizaine de meurtres.

Officiellement, Michael Correa a été interpellé pour un simple motif de présence irrégulière sur le territoire américain à Aurora dans l'État du Colorado ce mercredi 18 septembre. Il était entré légalement aux Etats-Unis en décembre 2016, pendant l'impasse politique gambienne, sans jamais repartir. Comme lui, une quinzaine de Junglers sont toujours en fuite.

Cet ancien jungler a été cité à plusieurs reprises devant la Commission vérité et réconciliation qui se tient depuis janvier en Gambie. En son absence, ses anciens camarades l'ont accusé d'avoir participé directement ou indirectement à l'assassinat de 10 personnes. L'ancien jungler était activement recherché par son pays. Il est notamment accusé du meurtre du journaliste Deyda Hydara ainsi que d’une dizaine d’autres assassinats.

Reed Brody, conseiller juridique de Human Rights Watch, qui travaille avec les victimes du régime de Yahya Jammeh, précise les exactions commises par Michael Correa sous le régime de l’ex-président gambien :

« Michael Correa est notamment accusé du meurtre du journaliste Deyda Hydara en 2015, du meurtre de deux Américano-Gambiens Alhajie Ceesay et Ebou Jobe en juin 2013. Ils ont été coupés en morceaux et mis dans des sacs en plastique. Il est accusé du meurtre de migrants ghanéens. Ils avaient été assassinés après avoir été emmenés dans la forêt. Les junglers dont faisait partie Michael Correa participaient vraiment aux bas-œuvres du régime. Et chaque fois, c’était sous les ordres directs du président Yahya Jammeh. »

►À lire aussi : Gambie : les junglers, un groupe de liquidateurs aux ordres de Yahya Jammeh

Le ministère gambien de la Justice n'a pas réagit à cette arrestation. Pour Mamie Ceesay, la mère d'Alhagie Mamut Ceesay tué en 2013, la place de Micheal Correa n'est pas devant la Commission Vérité mais devant un tribunal et en prison. Dans l'attente, il reste en détention aux États-Unis.

Actuellement, la Commission vérité et réconciliation gambienne revient sur les assassinats commis par ce groupe de soldats détachés appelés les junglers. De 2003 à 2016, ces derniers formaient deux groupes de militaires, rattachés à la présidence. Il y avait notamment un groupe à Banjul ainsi qu’un autre à Kanilaï, le village natal de l’ancien président Yahya Jammeh.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.