L’opposition tchadienne mécontente des injonctions d’Idriss Deby à la Céni

L'opposition a réagi en menaçant de se retirer du processus électoral pour les législatives si le président continue ses injonctions au président de la Commission électorale (illustration).
© Ludovic MARIN / AFP

Ce samedi, la coordination générale de l’opposition s'est plainte des « ingérences » dans les affaires de la Commission électorale (Céni) et a menacé de suspendre sa participation au processus électoral si Idriss Deby les continuait.

La controverse suscitée par les injonctions du chef de l'État demandant à la Céni d'organiser les législatives avant 2020 continue. Dans la matinée du samedi 21 septembre, la coordination générale de l'opposition a menacé au cours d'un point de presse de suspendre sa participation au processus électoral si les ingérences du chef de l'État dans les affaires de la Céni et les multiples violations de la loi ne cessent.

Le porte-parole de la coordination de l'opposition, Brice Guedmbaye Mbaimon, a notamment déclaré qu'il faut que certaines conditions préalables soient requises pour que l'opposition continue à participer au processus électoral : « Pour la coordination générale de l’opposition, les conditions préalables à réunir demeurent : le respect de la loi portant création de la Céni, la reprise de la mise en place des dénombrements en tenant compte de la volonté des partis politiques effectivement présents sur le terrain, la révision du fichier électoral, l’introduction d’un kit d’identification des électeurs dans les bureaux de vote et la levée immédiate de l’état d’urgence sur le territoire afin de créer un climat propice à des élections inclusives, sincères, libres et transparentes. »

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Idriss Deby a en effet ordonné au président de la Commission électorale d'organiser les élections législatives avant fin janvier 2020 au plus tard alors que cette échéance électorale avait été plusieurs fois repoussée depuis 2015.

Un défi organisationnel

Selon la Céni et le cadre national du dialogue politique, chargé d'organiser les élections, le délai est difficilement tenable. C'est une véritable course contre la main qui s'est engagée.

Le plus grand défi, c'est celui du code électoral. Voté en juillet, il va pourtant être révisé. Objectif : gagner du temps en réduisant le délai de convocation du corps électoral. Fixé à quatre mois avant le jour du scrutin, des sources à la Céni affirment qu'il pourrait être diminué à seulement un mois.

Autre grand défi : établir le fichier électoral. Il s'agira d'un simple toilettage, à en croire un membre du cadre national du dialogue politique, plutôt qu'un recensement, beaucoup plus long.

Et enfin, la cartographie électorale doit être faite. En clair, il s'agit de déterminer le nombre de bureaux de vote dans chacun des 95 départements du pays. Un nombre qui a augmenté depuis l'élection présidentielle de 2016, car le Tchad a adopté, en août dernier, un nouveau découpage administratif.

Sur toutes ces questions, la classe politique devra trouver un consensus, seul gage que les élections législatives se déroulent de manière apaisée. C'est l'une des exigences des partenaires extérieurs, sur lesquels compte le Tchad pour financer en partie le scrutin.

Samedi matin, la coordination générale de l'opposition a menacé au cours d'un point de presse de suspendre sa participation au processus électoral si les ingérences du chef de l'État dans les affaires de la Céni et les multiples violations de la loi ne cessent.

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