Rejet des élites et listes indépendantes, enjeux des législatives tunisiennes

Les affiches des candidats aux élections législatives dans la capitale, Tunis, le 4 octobre 2019.
© FETHI BELAID / AFP

En Tunisie, plus de 15 000 candidats répartis sur 1 500 listes briguent les 217 sièges de l’ARP, l’Assemblée des représentants du peuple, à l'occasion des élections législatives de dimanche 6 octobre.

Initialement prévu pour se dérouler avant le premier tour de l’élection présidentielle, ce scrutin parlementaire, en raison de la mort du chef de l’État en juillet, se tient entre les deux tours, le 6 octobre. L’élan anti-système qui a marqué la présidentielle, devrait donc également teinter le vote du jour.

Les difficultés économiques qui pèsent sur les citoyens et les promesses de jours meilleurs non tenues devraient avoir raison des partis qui ont gouverné ces dernières années. Huit ans après la révolution, le rejet des élites et l’esprit du 14 janvier 2011, toujours présent, devraient offrir à l’hémicycle un visage nouveau.

Certes, Ennahdha devrait conserver un bloc parlementaire conséquent. Qalb Tounès (« Au coeur de la Tunisie »), présidé par Nabil Karoui, devrait faire une entrée en nombre. Aïch Tounsi, dont le slogan est « Nous ne sommes pas un parti », ou encore Karama, dirigé par l’avocat islamiste Seifeddine Makhlouf, connaissent aussi une popularité indéniable.

La complexe composition d'un gouvernement

Mais la transition démocratique passe par l’émergence de listes indépendantes qui forment un tiers des prétendantes. Le parti arrivé en tête devra ensuite composer un gouvernement, et par un jeu d’alliance avec la nouvelle mosaïque parlementaire, recevoir un vote de confiance dans les deux mois.

Or plusieurs analystes craignent un éclatement de l'Assemblée des représentants du peuple, tant les partis politiques se présentent en ordre dispersés. Sans majorité claire capable de se dessiner, il sera très difficile de former un gouvernement.

Les conservateurs de droite

Autre enjeu : la percée ou non de partis conservateurs de droite, à l’image de la coalition Karama. Cette sensibilité très conservatrice, a priori proche de l'universitaire Kaïs Saied, représente environ 40 % des suffrages, selon le politologue Hamadi Redissi.

« Il y a un rejet massif des Tunisiens envers la classe politique traditionnelle et les élites qui n'ont pas pu gérer la crise économique », explique Hamadi Redissi, qui dirige par ailleurs l'Observatoire tunisien de la transition démocratique. D'après cet universitaire, « les électeurs se tournent donc vers des alternatives ».

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