Les indépendants, grands gagnants des législatives en Tunisie

Des députés tunisiens lors d'une session parlementaire le 25 avril 2017.
© FETHI BELAID / AFP

En Tunisie, les élections législatives du 7 octobre auront été marquées par un fort taux d'abstention et par l'émergence des candidats indépendants qui ont fait campagne sur le rejet de l'offre politique existante, ce qui pourrait compliquer la composition d'un gouvernement.

Les résultats officiels des élections législatives tunisiennes seront annoncés le 9 octobre. Le scrutin a été marqué par un faible taux de participation de 41% et par un morcellement du Parlement. Aucun parti n’est en mesure de gouverner seul. Le parti islamo-conservateur Ennahdha, que les projections placent en tête, ne remporterait que 40 à 46 sièges sur les 217 que compte l’Assemblée. L’autre enseignement du scrutin est l’arrivée massive de candidats indépendants qui pourraient être entre 75 et 85 au Bardo, lieu où siège l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Mais ces indépendants ne constituent pas un groupe homogène, car ils sont issus des multiples courants traversant la société : islamiste, révolutionnaire, moderniste, populiste, centriste, RCDistes (Rassemblement constitutionnel démocratique, le parti de l'ex-président Ben Ali), société civile. En propulsant à l’Assemblée ces nouveaux visages dont beaucoup ont fait campagne sur le rejet du pouvoir en place, les électeurs ont clairement rejeté l’offre politique existante.

Ces nouveaux acteurs n’ont peu ou pas d’expérience politique. Ils entrent donc dans une période d’apprentissage du travail parlementaire après avoir été portés à leurs places par une colère populaire. Il leur sera donc probablement difficile d'intégrer une gouvernance avec Ennahdha qui a maintes fois exercé le pouvoir depuis la révolution. Or, quelle que soit la coalition obtenue, il faudra obligatoirement l’adhésion d’une partie des indépendants pour obtenir les 109 voix pour la formation du gouvernement.

Des observateurs craignent des difficultés qui pourront empêcher la formation d'un gouvernement ou l’aboutissement à un gouvernement faible qui regroupera des partis comme la coalition Karama dirigée par l'avocat islamiste populiste Seifeddine Makhlouf et qui est arrivée avec 18 sièges en troisième position directement après le parti islamiste Ennahdha et le parti Qalb Tounès de Nabil Karoui.

Karama est un groupement anarco-fasciste implanté partout en Tunisie.

Tunisie: le chercheur Zine El Abidine Hamda Cherif analyse les résultats des législatives
07-10-2019 - Par RFI

►À lire aussi : Législatives en Tunisie: abstention record, Ennahdha et Qalb Tounès en tête

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.