RDC: cinq kidnappeurs condamnés à mort pour le meurtre d'une femme

Des taxis encombrent les rues de Kinshasa, capitale de la RDC, le 10 juin 2019 (Image d'illustration).
© John WESSELS / AFP

C’est une première à Kinshasa depuis la prolifération de cas de kidnapping en voiture. Un procès public a été organisé ce mercredi 9 octobre pour juger en procédure de flagrance cinq personnes poursuivies pour enlèvement, association des malfaiteurs, extorsions et meurtre. Reportage.

La scène s’était déroulée le 25 août 2019. Willy se souvient des derniers instants passés avec Jolie Tshaba, sa femme : « Elle était sortie comme d’habitude. Elle devrait sortir pour le recouvrement auprès de ces clients. Elle a effectivement récupéré son argent et c’est sur le chemin de retour que tout s’est passé. »

Ce soir-là, Jolie Tshaba embarque dans un taxi à bord duquel se trouvent déjà trois personnes, dont une femme. Vitre montée, musique à fond, la voiture peinte en jaune, comme tous les taxis de Kinshasa, la balade dans la ville. Elle est battue, ses biens et son argent extorqués. Son corps sera retrouvé le lendemain dans un tunnel de la commune de Matete.

Ce mercredi devant les juges, cinq personnes passent aux aveux au cours d’une audience publique et écopent toutes de la peine capitale.

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Pendant la même audience, huit autres victimes ont partagé leurs témoignages. Sarah, également victime, avait également été enlevée dans les mêmes circonstances. Elle a tenu à assister à ce procès. « Espérons que ce qui s’est passé ici, que ça aille jusqu’à la fin et que ça sert de leçon à tout le monde », dit-elle.

Pour la police, ce procès a d’abord une valeur pédagogique. « C’est aussi un message envers les criminels, estime le général Sylvano Kasongo, chef de la police à Kinshasa. Vous avez entendu comment ils ont fait : les voitures [aux vitres NDLR] fumées, ils mettent une femme comme appât... Quand vous voyez une femme vous venez en confiance, alors qu'elle aussi elle est criminelle. »

La police explique cette montée de criminalité notamment par la poussée démographique qui s’accompagne de la pauvreté et tous ses corolaires.

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