Au Bénin, les «assises» de l’opposition répondent au «dialogue politique»

Une manifestante devant l'Assemblée nationale à Porto Novo, le 4 avril 2017.
© YANICK FOLLY / AFP

Au Bénin, le « dialogue politique » convoqué par le président Patrice Talon s’est ouvert ce jeudi. Les partis d'opposition, qui n'ont pas été invités, organisent de leur côté un contre-dialogue.

Le président béninois, Patrice Talon, a donc bien lancé ce jeudi matin le dialogue politique au Palais des congrès de Cotonou, devant près de 300 délégués. Les participants sont des représentants de partis dont l’existence est reconnue par le ministère de l’Intérieur.

Les principales formations de l’opposition n’ont pas été conviées. C’était le format décidé et annoncé. À l’ouverture, toute l’attention était focalisée sur les sièges réservés au FCBE. Ils n’étaient pas vides. Ce qui a valu à ceux qui l’occupaient de nouvelles accusations de trahison formulées par les fidèles l’ancien président Boni Yayi. Théophile Yarou, un des membres de l’aile dissidente justifie sa présence : « Notre parti a beaucoup de prisonniers politiques, le président d’honneur de notre parti est en dehors du pays. Nous sommes venus pour dire à haute et intelligible voix toutes nos préoccupations. »

Au côté de Patrice Talon sur le podium, on a retrouvé le président de l’Assemblée nationale et celui de la Commission électorale. Une présence qui confirme que le sujet à débattre concerne la loi électorale et la charte des partis.

« Notre charte des partis politiques et notre code électoral nous ont causé du tort, nous nous sommes déchirés parce que bon nombre d’entre nous, à la mise en œuvre, ne s’y sont pas retrouvés, a estimé Patrice Talon dans un premier discours.

Et le chef de l'État de poursuivre sur les raisons de ce dialogue : « Notre rencontre, loin d’être le signe d’un quelconque stress de notre démocratie, s’apparente à mon sens à une exigence de check-up quand survient une quinte de toux d'une résonance inhabituelle. Notre pays nous appelle au réalisme et à la cohésion. Le dialogue politique s’inscrit dans mon souci permanent d’associer les acteurs politiques à la recherche des compromis aux questions essentielles, notamment électorales, dont la résolution est indispensable à notre cohésion et à notre marche vers le progrès. Sa finalité réside dans les recommandations responsables qu’il vous appartiendra de formuler à mon endroit. Mon gouvernement appréciera avec diligence la pertinence et l’opportunité de vos recommandations en vue d’accomplir les actes qui relèveront de sa responsabilité. »

Patrice Talon s’est ensuite éclipsé après quelques photos et après avoir serré quelques mains. Il a laissé la conduite des travaux aux facilitateurs qu’il a désignés. Le dialogue politique doit s’achever samedi, lorsque les délégués remettront à Patrice Talon un rapport général dans lequel seront consignées toutes les recommandations.

L’opposition non reconnue contre-attaque

À chacun son dialogue, puisque l’opposition béninoise, qui n'a pas été invitée à la rencontre, organise de son côté un contre-dialogue baptisé « Assises de la résistance », toujours à Cotonou. Ce matin, dans la salle, il y avait notamment Candide Azannaï de Restaurer l’espoir, l’aile FCBE fidèle à Boni Yayi et d’autres leaders de l’opposition.

L'ancien président béninois Nicéphore Soglo, qui va présider ces assises, a prononcé le discours d’ouverture. Il en a profité pour dénoncer le dialogue politique du gouvernement, déclarant que le format choisi exclut une bonne partie de la classe politique et n’aborde pas le sujet politique de fond.

Les travaux vont se poursuivre en commissions, pour en sortir là aussi des recommandations à adresser au gouvernement. Les Forces de la résistance demandent notamment à ce que les corps des disparus des 1er et 2 mai soient rendus à leur famille. L'opposition souhaite également mettre en place une collecte pour venir en aide à leurs proches.

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