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Madagascar

Madagascar: sévère bilan de la société civile à l'égard du régime

Vue d'Antananarivo, le 4 mai 2016.
© Jabin Botsford/The Washington Post via Getty Images

À Madagascar, la plateforme de la société civile ROHY rappelle à l'ordre le régime sur sa façon de gouverner le pays. Manque de transparence dans ses décisions, omniprésence du chef de l'État, non-respect de la loi par les dirigeants... Jeudi, lors d'une conférence de presse dans la capitale Antananarivo, la plateforme a dressé une longue liste de griefs concernant les actions et les prises de décisions des dirigeants.

Neuf mois après l'arrivée au pouvoir d'Andry Rajoelina, le bilan de la société civile est sévère. Elle admet qu'il travaille « inlassablement » mais « sans nécessairement produire des résultats palpables. »

Une omniprésence du président qui nuit à la bonne gouvernance, explique Hony Radert, responsable de la sous-commission Finances publiques au sein du mouvement ROHY : « Nous avons l'impression que c'est vraiment la présidence qui prend toutes les décisions et n'impliquent pas ses ministres dans ces prises de décisions. Ce sont les retours que nous avons au niveau des ministères. Le problème, c'est que dans ce cas-là à quoi servent alors les ministères ? Il y a des responsabilités que ces personnes doivent prendre, et ce d'autant plus qu'elles sont chèrement payées. Si l'on veut que la machine fonctionne, il faut que chaque acteur puisse prendre ses responsabilités. »

Plusieurs actions du régime suscitent l'incompréhension chez les citoyens d'après ROHY comme la construction d'une nouvelle ville en périphérie d'Antananarivo « dans l'opacité et dans un contexte de contestation des populations impactées » ou « l'élaboration d'un plan d'émergence pour Madagascar sans concertations régionales. »

Une incompréhension qui vient notamment d'un manque de transparence et de volonté d'impliquer la population dans les décisions explique le mouvement.  Parmi celles qui ont fait polémique ces derniers jours, la nomination de gouverneurs de régions par décret par le président, explique Benjamin Andriatsimarofy, membre de la commission juridique de la plateforme : « Ce processus de nomination ne respecte guère la Constitution. Les instances dirigeantes de ces régions devraient être élues au suffrage universel. Le terme de "gouverneur" n'est même pas prévu par la Constitution ni par la loi sur les collectivités territoriales décentralisées et c'est pour cela qu'on interpelle toujours : la loi n'est pas seulement faite pour les gouvernés, mais pour les gouvernants aussi. » Un décret pris il y a 15 jours et qui n'a pas encore été rendu public.

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