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Zimbabwe

Zimbabwe: la crise économique s'aggrave

Une station-service à Harare, au Zimbabwe. (Photo d'illustration)
© AARON UFUMELI / AFP

Cette semaine le gouvernement zimbabwéen a annoncé d’importantes augmentations concernant le prix de l’essence et de l’électricité. Et ce alors que les médecins du secteur hospitalier sont en grève depuis plus d'un mois pour demander une hausse de leur salaire. Selon le FMI, en août, l’inflation s’est envolée à près de 300% sur un an. Le pays est en train d’assister à un retour de l’hyperinflation.

À Harare, le prix d’un litre de lait est passé de 7 dollars à 25 dollars zimbabwéens en l’espace de quelques mois. Idem pour le sucre, l’huile, le maïs et désormais l’essence et l’électricité.

Une véritable flambée des prix qui s’explique par la chute de la monnaie locale face au dollar américain, ainsi que l’arrêt des subventions par le gouvernement, explique l’économiste Brains Muchemwa : « Ces produits étaient subventionnés par l’État. Mais parce que le gouvernement s’est engagé dans un programme supervisé par le Fonds monétaire international, il doit supprimer toute subvention de produits essentiels, comme l’essence et l’électricité. Et donc c’est ce qu’a fait le gouvernement. Le prix de l’électricité aujourd’hui est donc celui du marché. »

Les salaires eux n’ont pas augmenté. Et la plupart des produits de la vie quotidienne sont devenus inabordables pour de simples citoyens, souligne l’économiste Alois Mlambo : « Une fois que l’essence augmente, le prix des denrées alimentaires augmente - car tout est importé - le prix du transport augmente et le simple fait d’aller au travail coûte cher. Dans les mois à venir, les gens vont avoir du mal à s’acheter à manger, à payer leur loyer, leur transport. C’est pour cela que les médecins sont actuellement en grève. Ils disent qu’ils n’ont même pas les moyens de venir travailler. »

Tous deux sont pessimistes quant à l’évolution dans les prochains mois. Les investisseurs étrangers sont frileux. Le pays ne peut plus emprunter auprès du  FMI ou de la Banque mondiale en raison d’arriérés trop importants. Enfin tous deux craignent une paralysie totale du service public dans les prochains mois et d’importants conflits sociaux.

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