Nigeria: une école coranique fermée, 300 jeunes enchaînés et victimes d’abus

Des jeunes nigérians et nigériens ont été découverts enfermés et enchaînés dans l'État de Katsin, dans le nord du Nigeria, le 14 octobre 2019.
© REUTERS/Stringer

Une école coranique de l'État de Katsina, au Nigeria, a été fermée par les autorités.Comme dans l'État voisin de Kaduna, au début du mois, la police y a retrouvé des centaines de jeunes garçons, vivant dans des conditions inhumaines.

Plus de 300 jeunes garçons originaires du Nigeria et du Niger enfermés et retenus par des chaînes portant des traces de coups et victimes d'abus sexuels, selon les témoignages recueillis. Voilà ce que découvre la police de l'État de Katsina, le week-end dernier dans une école coranique qui a depuis été fermée.

C'est la deuxième fois, en moins d'un mois, que les autorités nigérianes font une telle découverte. La première, c'était dans l'État voisin de Kaduna. Là encore, une école coranique, des jeunes retenus par des chaînes et victimes de violences.

Les écoles non officielles sont nombreuses dans le nord du pays. Des ONG s'en inquiètent, et attendent que le gouvernement prenne des mesures, pour faire respecter les droits de ces enfants.

Mohammed Sabo Keana, fondateur de l'ONG Almajiri Child Rights Initiative, au Nigeria, n'a pas été surpris. Il reconnaît que les conditions ne sont pas les mêmes dans tous ces établissements non officiels, mais affirme que les enfants y sont exposés à toutes sortes de violences. Pour lui, il est urgent que les autorités agissent.

« Il est de la responsabilité du gouvernement d'assurer la protection des enfants, c'est dans la Constitution. Même si les parents envoient leurs enfants dans ces écoles, le gouvernement a le devoir d'interdire de telles pratiques et de faire respecter leurs droits », souligne-t-il.

Mohammed Sabo Keana regrette que les autorités n'aient rien fait, pendant des années. Il dit suivre avec attention les mesures et notamment le plan d'action que le gouvernement propose.

Au début du mois, dans un communiqué, la présidence a demandé aux autorités religieuses et traditionnelles de travailler avec les autorités, pour faire cesser ce type de violences.

 

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