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Guinée

Guinée: la contestation et ses conséquences dans le reste du pays

Manifestation dans le quartier de Bambeto, en banlieue de Conakry, ce lundi 14 octobre 2019.
© Carol Valade / RFI

La contestation qui a fait au moins neuf morts (dix selon le FNDC) en début de semaine dernière ne se limite pas à la capitale Conakry. Les principales villes de l’intérieur du pays ont également connu des épisodes de violences de moindre ampleur, ainsi que de très nombreuses arrestations.

C’est à Mamou dans centre du pays que les affrontements semblent avoir été les plus violents. Le bilan fait état de deux morts par balles dont un gendarme. Des informations font état du saccage de certains bureaux du gouvernorat. Ce que dément formellement le gouverneur, évoquant seulement la casse de cinq véhicules. 42 personnes attendent en prison leur jugement.

Les marches se sont d'abord déroulées sans incidents à Labé dans le nord, avant de « dégénérer » le mercredi. Le gouverneur a fait appel à l’armée qui garde désormais les bâtiments administratifs et patrouille à la nuit tombée. Dix personnes ont été condamnées à six mois avec sursis.

À Kankan, les militants de l’UFR accusent ceux du parti au pouvoir d’avoir « saccagé » leur permanence. Six prévenus ont été relaxés mais resteraient en détention selon leur avocat. Une douzaine d’arrestations également à Faranh, selon le FNDC, huit à Kindia.

Dans la région minière de Boké, les jeunes ont érigé des barricades ça et là. Dix-neuf arrestations selon le procureur, cinq relaxes et sept peines de prison avec sursis ont déjà été prononcées.

Du côté de Nzérékoré, souvent sujette à des tensions intercommunautaires, la ville est malgré tout restée calme.

Le président Condé évoque la situation

Le président de la République s’est exprimé samedi sur les manifestations lors d'un déplacement dans la ville de Koba, située à 140 km de Conakry sur la Côte.

En marge d’une cérémonie de remise de pirogues à des pêcheurs artisanaux, Alpha Condé affirme en oussou, la langue de la région, que les manifestations sont circonscrites à deux quartiers de Conakry. Il accuse également ses opposants de « tuer des gens » pour « ternir » l'image de la Guinée.

« Le train de la Guinée est en marche et personne ne peut l’arrêter, nous le conduirons ensemble… aussi longtemps que Dieu le voudra. Personne ne peut s'exprimer à la place du peuple par ce que la démocratie veut dire "le choix du peuple". Mais comme les opposants savent qu'ils n'ont pas le soutien du peuple, voilà pourquoi ils veulent semer la pagaille, pour décourager les investisseurs qui souhaitent venir en Guinée (…).

C’est seulement dans les quartiers de Bambeto et de Causa qu’il y a manifestation. À part cela, il n'y a rien eu à Conakry, ni en Haute-Guinée, ni en Basse-Guinée ni en Forêt. À part les gendarmes qui ont été attaqués et même blessés à Mamou. Quand on accuse les gendarmes de tirer à balle réelle, sachez que ce sont les manifestants eux-mêmes qui tuent des gens pour ensuite faire accuser sur le gouvernement et ternir l’image du pays. »

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