Jihadiste tué en Tunisie: «L’un des dirigeants terroristes les plus dangereux»

Une femme tunisienne porte un panneau sur lequel on peut lire : «Non au terrorisme», en lettres de sang, à Tunis, le 19 mars 2015.
© AFP PHOTO / FADEL SENNA

En Tunisie, le ministère de l'Intérieur a affirmé, ce lundi 21 octobre, que l'Algérien Mourad ben Hammadi Chayeb était « l'un des dirigeants terroristes les plus dangereux ». Il a été abattu dimanche lors d'une opération antiterroriste menée dans la région montagneuse de Kasserin.

Mourad ben Hammadi Chayeb dirigeait la katiba Okba Ben Nafe, un groupe appartenant à al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Selon les autorités tunisiennes, il a participé à plusieurs attaques contre des soldats et des membres des forces de sécurité en Tunisie depuis 2013.

Il s’agit là d’un message fort adressé aux terroristes par les autorités de Tunis, qui jugent cette opération comme étant « qualitative » parce qu'ayant visé le terroriste « le plus sanguinaire ».

Cette opération menée dans la région montagneuse de Kasserin rappelle celle de 2015 qui avait neutralisé Lokman Abou Sakhr, ancien dirigeant de la katiba Okba Ben Nafe et frère de Mourad Chayeb, tué dimanche.

De leur côté, les responsables sécuritaires multiplient les déclarations. Ils soutiennent que les groupes terroristes sont désormais incapables de mener des grandes opérations comme par le passé dans la ville de Sousse ou au musée du Bardo à Tunis.

Pour les spécialistes des questions terroristes, le moment a été judicieusement choisi. L'opération, toujours en cours à la frontière avec l'Algérie, montre que la « Tunisie reste éveillée » et que « le terrorisme ne peut plus profiter des lacunes sécuritaires », même durant cette période post-électorale encore incertaine.

La lutte contre le terrorisme n'en reste pas moins au cœur des préoccupations, notamment chez certains vétérans de l'ancien régime. Abderrazak el Mana’i, général à la retraite, a ainsi profité de cette attaque pour demander au nouveau président Kaïs Saïed d'élaborer une véritable stratégie qui éradique la menace jihadiste dans le pays.

Étroite coopération entre l’Algérie et la Tunisie

Depuis le mois de juillet, Alger et Tunis ont renforcé leur coordination sécuritaire en matière de lutte antiterroriste, surtout dans la région frontalière entre les deux pays.

L'opération qui a neutralisé le terroriste algérien Mourad ben Hammadi Chayeb peut être vue comme un résultat de cette coopération renforcée. C'est l'avis d'Alaya Allani, historien, chercheur en affaires stratégiques à la faculté de Mannouba, à Tunis.

À mon avis, le dispositif sécuritaire dans les régions montagneuses est très développé. Et je pense, par conséquent, que le terrorisme en Tunisie ne pourra pas gagner du terrain, surtout en cette période.

Alaya Allani
21-10-2019 - Par Houda Ibrahim

Selon l'historien, la réussite de l'opération pourrait relancer la concurrence entre Aqmi et l'organisation État islamique représentée par Jund al-Khalifa.

On ne sait pas, maintenant, qui sera le leader du mouvement jihadiste. Est-ce Aqmi, ou l'État islamique? Il faut parler de la concurrence entre l'État islamique, représenté en Tunisie par les Soldats de Khilafa et Aqmi, représenté par la katiba Okba Ben Nafe.

Alaya Allani
22-10-2019 - Par Houda Ibrahim

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