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RDC

RDC: les exactions se poursuivent à Minembwe

Camp des casques bleus pakistanais à Minembwe centre, le 21 octobre 2019.
© Sonia Rolley/RFI

En République démocratique du Congo (RDC), la province du Sud-Kivu, de la plaine de Fizi aux hauts plateaux, vit une multiplication d’attaques contre les civils. Autour de Minembwe, sur les hauts plateaux justement, l’armée congolaise et la Monusco renforcent leurs positions mais les exactions continuent.

Presque partout autour de Minembwe, des villages brûlés. Les vaches ont quasiment disparu. C’est dans le centre que les déplacés se réfugient. Aujourd’hui, il n’y a quasiment plus que des banyamulenge mais pour Eli Ntambara, représentant de cette communauté, il ne faut pas parler de conflit communautaire.

« Nous étions toujours avec nos amis, nos frères, avec lesquels nous vivions. Il y a même des villages où vivaient toutes les communautés. Mais le problème, c’est que le gouvernement ne s’active pas pour combattre ces groupes armés », estime-t-il.

Les déplacés sont accueillis chez les habitants, dans les bâtiments publics ou même la cour de la maison du commandant de la police. Des Banyamulenge qui se sentent encore plus menacés depuis le départ le mois dernier des membres des communautés Bafuliro, Babembe ou Banyindu, eux-mêmes sous pression, expliquent-ils, par des groupes armés issus de leurs communautés. Mais avant de partir, ils ont averti leurs voisins et depuis, habitants et déplacés vivent dans l’angoisse d’une nouvelle attaque.

« Il y a instrumentalisation »

Désormais, il ne reste plus que quelques commerçants bashis mais aussi un représentant de la communauté bafuliro : pour Venance Kibingira, le gouvernement est responsable de cette situation, mais aussi le Rwanda et le Burundi.

« Je peux même confirmer qu’il y a instrumentalisation. S’il n’y avait pas instrumentalisation, peut-être que l’affaire ici aurait déjà pris fin. Mais ça continue, chaque fois ça repart. Ça s’arrête, ça reprend. Et avec cela, ça peut se dire qu’il y a instrumentalisation des pays voisins. Tous les groupes armés qui œuvrent ici sur les hauts plateaux sont instrumentalisés. Il n’y a pas un seul groupe qui ne soit pas instrumentalisé », dit-il.

Les Maï-Maï, notamment les Yakutumba, ne sont qu’à une quinzaine de kilomètres. Dans les environs également, des rebelles burundais qui appuient depuis des mois ces groupes congolais dans leurs attaques ciblées. Il est difficile pour les Banyamulenge de sortir des limites de la cité. Pas de vaches, plus de lait, un marché qui peine à s’approvisionner. Et il n’y a pas de routes suffisamment praticables pour acheminer par camion l’assistance humanitaire nécessaire.

Le bourgmestre de Minembwe dit avoir reçus plus de 7 000 ménages qui ont besoin de tout. Pour Gady Mukiza, ce qui se passe à Minembwe n'a rien d'un conflit intercommunautaire. Il y a urgence, explique-t-il, à lancer des opérations militaires.

Nous avons été victimes des attaques de groupes armés maï-maï coalisés [...] Ils ont commencé au mois de mars avec une stratégie qu'on n'a pas encore comprise jusque-là en brûlant les maisons, en emportant les vaches. Les Burundais FNL et RED Tabara ont opéré aux côtés des maï-maï [...] Tout le monde est perdant, parce que tout le monde fuit.

Gady Mukiza, maire de Minembwe
22-10-2019 - Par Sonia Rolley

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