Retour au calme à Djibouti mais la mobilisation continue

Une rue de Djibouti. (Image d'illustration)
© Wikimedia Creative Commons/CC BY 3.0

À Djibouti, la mobilisation populaire continue même si le calme est revenu à la mi-journée ce vendredi 1er novembre, après deux jours d'échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre. Aucun bilan précis n'a encore été établi mais, selon la Ligue djiboutienne des droits de l'homme, il y aurait plusieurs dizaines de blessés, dont certains par balles, et plusieurs arrestations.

La nuit est tombée vendredi sur un quartier d'Arhiba toujours ponctué par des barrages, raconte Ahmed Ali, un porte-parole des manifestants. Cela fait 24 heures maintenant que les jeunes de cette cité du sud de Djibouti Ville tiennent tête à la police, même si désormais la route vers l'Éthiopie a été débloquée. Signe, explique Ahmed Ali, de la volonté de négocier des manifestants.

Comme la veille au soir, dès 8 heures du matin les axes menant au quartier avaient été investis. Des jeunes du quartier avaient brûlé des pneus et érigé des barricades pour exiger la libération de l'un des leurs, Kako Houmed, arrêté jeudi par les services de renseignement.

Pour les protestataires, un seul slogan : « Libérez Kako ! ». Aux jets de cailloux ont répondu les tirs sporadiques de la police. Des grenades lacrymogènes et, selon l'opposition, des tirs à balles réelles.

Vers 14 heures, les affrontements ont cessé. Un dialogue a finalement pu se nouer pour apaiser la tension et un comité de manifestants et le chef de la police sont convenus de rendre visite au prisonnier, en compagnie de sa mère, au siège du Service de documentation et de sécurité, le SDS.

« On voulait avoir des explications sur l'arrestation de notre frère, explique l'un des leaders des manifestants, Kassim Ali Hassan, joint ce vendredi après-midi par RFI. On a essayé de calmer la jeunesse d'une part et solliciter les autorités de l'autre. On a eu l'occasion de voir [Kako Houmed], il est en bonne santé ».

Kassim Ali Hassan estime que c'est l'exaspération de la jeunesse face à ce type d'arrestations arbitraires qui a mis le feu aux poudres. Mais désormais les manifestants attendent sa libération pour lever les barrages. Une libération déjà promise par le chef de la police, mais pas encore effective.

« Un régime qui se délite »

L’opposant Adourahman Mohamed Guelleh n'a pas hésité à décrire « un régime qui se délite, une instabilité qui se dessine et un avenir incertain pour le pays ». Le pouvoir, par la voix de Daoud Houmed, porte-parole de la majorité, répond que « les manifestations sont injustifiées et que l’opposition doit faire preuve de maturité, sans profiter de la situation pour créer des troubles ».

Selon plusieurs témoignages, des manifestations sans incident ont également eu lieu dans les villes de Tadjourah, Obock et Randa.

Selon un bilan communiqué par les manifestants, on compte pour ce vendredi une trentaine de blessés, dont plusieurs souffrent de blessures graves, et au moins 2 arrestations. Par ailleurs, Osman Yonis Bogoreh, un journaliste et militant de l'opposition, déjà arrêté le week-end dernier, a de nouveau été arrêté mercredi soir.

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