Le Soudan du Sud retient son souffle avant l’échéance du 12 novembre

Á Juba, au Soudan du Sud, un gouvernement d'union nationale doit théoriquement être annoncé le 12 novembre 2019.
© SIMON MAINA / AFP

Selon l’accord de paix de 2018, le chef rebelle Riek Machar devait rentrer au Soudan du Sud en mai dernier pour former un gouvernement d’union avec le président Salva Kiir. Une échéance reportée au 12 novembre prochain. Désormais, l’opposant demande un nouveau délai de six mois et c’est l’incertitude qui domine à Juba.

À Juba, c’est l’attente. Personne ne sait ce qui se passera dans une semaine. Hujum Muon est l’un des milliers de déplacés du camp Mangateen. Il place les politiciens devant leurs responsabilités.

« Quand la paix a été signée, on pensait que ce serait la fin. Mais les politiciens cherchent toujours leur propre intérêt. Cette situation est terrible. Quelqu’un pourrait en faire une crise cardiaque. Donc on a très peur parce qu’on ne sait pas ce qui va se passer. Il faut un gouvernement d’union, pour que la nation ne fasse qu’un et que personne ne soit laissé de côté », exige Hujum Muon.

D’autres sont plutôt désabusés, après tant d’années de conflit. Logiel Opugé, 25 ans, vient du sud-est du pays. Il lève les yeux au ciel : « Je suis né dans la guerre, je vis dans la guerre. Mes enfants ont grandi dans la guerre. Si ça continue, je vais peut-être mourir dans la guerre. Je demande à dieu d’adoucir le cœur de nos chefs pour qu’on ait la paix. Je ne peux rien faire d’autre. »

« Notre pays n’est pas maudit »

Après plusieurs tentatives de dialogue, certains pensent que les leaders n’arriveront pas à s’entendre. Aujourd’hui éleveur, Galuak Koko est un vétéran amputé d’une jambe après une blessure de guerre. Il espère une intervention extérieure.

« Notre pays n’est pas maudit. Mais la paix n’arrivera pas facilement. Si au moins nos leaders avaient trouvé un compromis, mais ils ne sont toujours pas d’accord. La communauté internationale, et notamment l’ONU, doit intervenir davantage, arrêter ce conflit pour qu’on ait enfin une vie normale. »

Pour la troisième fois depuis septembre, Salva Kiir et Riek Machar doivent se rencontrer jeudi en Ouganda. Quasiment la rencontre de la dernière chance, quatre jours avant le jour J.

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