Mali: qui était Ali Maychou, jihadiste tué par les forces françaises au Sahel?

Hélicoptère «Gazelle» de l'opération Barkhane (image d'illustration).
© RFI / Olivier Fourt

Florence Parly la ministre française des Armées, a annoncé, mardi soir, la mort d'un chef jihadiste au Sahel. Abou Abderahman al-Maghrebi, alias Ali Maychou, était l'un des dirigeants du Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (GSIM).

Ali Maychou a été tué dans la nuit du 8 au 9 octobre par les forces françaises. La ministre des Armées n'a pas dit où il a été tué, mais selon des sources marocaines, dès la mi-octobre l'information circulait qu'un raid des forces françaises avait eu lieu au nord de Tombouctou. Ali Maychou était le leader spirituel du GSIM. Il avait rejoint al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) en 2012. D'après nos sources marocaines, il aurait été imam en Libye de 2014 à 2015, avant de rejoindre le Sahel et de participer à la création du GSIM.

Un qadi, un leader religieux

D'après Florence Parly, Ali Maychou serait le deuxième terroriste le plus recherché du Sahel. Cette position est largement exagérée, selon Lemine ould Salem, journaliste et spécialiste des mouvements jiadistes dans le Sahel. Ali Maychou figure effectivement aux côtés d’Iyad Ag Ghali, leader d'Aqmi, sur la photo de famille de la création du GSIM. C'était un qadi, un leader religieux, il jouait un rôle clef dans le recrutement des combattants, mais pas dans la planification d'attaques. « Il était une sorte de mufti, il faisait partie du groupe qui s'occupait des questions théologiques religieuses, il a très vite gravi les échelons après la mort de l'ancien mufti d'Aqmi dans une frappe fançaise, ce qui fait que sa position faisait de lui une des personnalités les plus importantes du GISM. Mais il n'était pas le numéro 2, il n'était pas le numéro 3, ni chef politique, ni chef militaire. Il n'avait pas d'ancrage local, il n'était pas un chef de tribu, nile fils d'une grande famille du Sahara. Il n'a pas du tout joué un très grand rôle dans l'expansion du GISM ou d'Aqmi dans le Sahel », explique le spécialiste. C'est donc une perte lourde pour le mouvement « d'un point de vue symbolique » mais « pas du tout d'un point de vue opérationnel car avant lui, d'autres occupait la même fonction. Des gens comme lui, il y en a beaucoup dans la région », conclut Ould Salem.

Il en faudra donc plus pour mettre en péril une organisation aussi solide que le GSIM. La ministre a d’ailleurs insisté sur l'importance « de désorganiser ces mouvements en profondeur ».

Besoin d'afficher des réussites

D'autre part, il y a bien d'autres terroristes recherchés dans le Sahel : à commencer par Iyad Ag Ghaly, Abou Walid al-Sahraoui, le chef de l'État islamique dans le Grand Sahara, ou encore Amadou Koufa, fondateur de la Katiba Macina que les Français avaient annoncé pour mort l'année dernière, à tort. Il ne faut pas oublier le choix du moment de cette annonce de Forence Parly alors que la mort d’Ali Maychou date d’il y a presque un mois. Une annonce qui intervient quelques jours après la tragédie d'Indelimane dans le nord du Mali, et après la mort d'un soldat de Barkhane. Alors que la présence française au Sahel est de plus en plus impopulaire, la ministre a aussi besoin d'afficher quelques réussites.

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