Soudan du Sud: 100 jours pour former un gouvernement d'union

Le président du Soudan du Sud Salva Kiir s'adresse à la presse à l'aéroport international de Juba, le 9 novembre 2019.
© REUTERS/Jok Solomun

Au Soudan du Sud, c’est une nouvelle période d’incertitudes qui s’ouvre pour le pays. A partir de demain, une période de 100 jours s’initie pour permettre la formation d’un gouvernement d’union mais aussi pour régler les blocages concernant la sécurité et le découpage fédéral du pays.

Les signataires de l’accord de paix de 2018, notamment le président Salva Kiir et son principal adversaire Riek Machar, ont accepté cette seconde prolongation alors que le processus de paix est très en retard.

Après une première prolongation de six mois, le processus semble toujours aussi laborieux. Tout le monde se demande ce que les parties vont bien pouvoir faire avec 100 jours de plus.

En ce moment, la pression pèse plutôt sur Salva Kiir. L'IGAD (Autorité intergouvernementale pour le développement) demande au président de débloquer le reste des 100 millions de dollars qu’il avait promis pour appliquer l’accord. L’opposition, de son côté, accuse le chef de l’État de tout simplement refuser de financer la paix.

Salva Kiir a, lui, appelé les signataires à être patients, promettant qu’il parlerait avec tout le monde et que le reste de la somme serait débloqué. Cependant, plusieurs observateurs sont sceptiques.

Klem Ryan estime que s’il voulait vraiment la paix, le président aurait libéré les prisonniers politiques et annulé son très controversé décret augmentant le nombre d’États fédéraux. Selon le chercheur, « ces mesures peuvent être prises n’importe quand, sans négociations préalables ».

Une autre incertitude pèse. Déçus par la prolongation, les États-Unis ont promis de revoir leur relation avec Juba, une allusion à d’éventuelles sanctions. A voir si Washington prend le risque de punir les autorités dans cette période sensible…

En attendant, les Sud-Soudanais doivent prendre leur mal en patience. « Il faut une vraie volonté politique. Mais pour l’instant, les deux camps sont toujours dans une lutte de pouvoir », estime l’écrivain Mathiang Jalap Dongvin. L’économie, elle, ne décolle pas. « Les investissements sont gelés. On ne veut pas prendre de risques. On attend de voir ce qui se passera », confie un entrepreneur.

L’action du CICR dans le Nord-Ouest du pays

Le Comité international de la Croix-Rouge a installé une base à Wau, deuxième ville du Soudan du Sud, couvrant ainsi tout le nord-ouest du pays. L’organisation humanitaire apporte une assistance avec des soins, de la nourriture, produits d’hygiène et de nécessité, construction de maisons, etc. Elle apporte également une protection, en s’assurant que les droits des civils mais aussi de ceux qui ne participent pas ou plus aux combats sont respectés. La région a été marquée par de nombreuses violences durant le conflit. Aujourd’hui, la situation s’est améliorée mais reste fragile comme l’explique Raphaël Tenaud, chef de sous-délégation.

La situation, à l’heure actuelle, n’est pas complètement résolue. Elle dépend très fortement du processus politique. La ligne de front reste effective et on ne peut pas parler de situation complètement normale. Des populations continuent à avoir des besoins extrêmement significatifs, notamment du fait de leurs déplacements.

Raphaël Tenaud, Chef de sous-délégation du CICR
11-11-2019 - Par Sébastien Nemeth

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