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Soudan du Sud

Soudan du Sud: l'incertitude politique plombe le redémarrage économique

Une rue de Juba, la capitale du Soudan du Sud (image d'illustration).
© SIMON MAINA / AFP

Le Soudan du Sud est toujours dans l’attente d’une paix durable tandis que la transition politique accumule les retards. Le gouvernement est désormais attendu pour février. Les Sud-Soudanais doivent donc prendre leur mal en patience et cette incertitude empêche l’économie de redémarrer.

Peter imprime des logos à l’aide d’une presse. Avec trois associés, il a créé sa société il y a un an et la fragilité du processus de paix l’empêche de se développer. « Parfois je reste un mois à attendre sans rien faire. L’économie suit la situation sécuritaire et le processus politique. Les hommes d’affaires ne veulent pas risquer leur argent dans un pays qui n’est pas en paix, explique-t-il. Moi si je décide de m’agrandir maintenant, je vais investir pour rien ».

L’insécurité et la faiblesse des infrastructures handicapent fortement le pays qui subit une inflation. Regina fait la vaisselle du soir dans son restaurant. Malgré la morosité ambiante, elle veut rester optimiste. « Il ne faut pas perdre espoir et se dire que demain sera mieux. Au marché c’est dur. Chaque fois j’écarquille les yeux tellement c’est cher. Ici, certains clients s’emportent. Parfois même ils vous giflent. Mais comme je suis là pour les servir, je m’en fiche », raconte la jeune femme.

Les prix montent en flèche

Des clients nerveux, à cran à cause des prix, Jibou a lui aussi constaté le phénomène dans le garage où il lave des voitures. « On fait payer plus cher parce que tout augmente, l’eau, l’huile. Certains clients se mettent en colère et veulent même se battre. À cause de l’inflation, chacun lutte pour vivre. Parfois c’est tellement dur, vous avez envie de tout balancer, de quitter votre travail et de quitter le pays. L’an dernier, j’y ai vraiment réfléchi. Mais j’ai renoncé ».

Tous sont unanimes, seule la paix relancera l’économie du pays. Or la transition doit encore durer plus de trois ans. Les Sud-Soudanais ne sont donc pas au bout de leurs peines.

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