Soudan du Sud: dans le camp de Mangateen, les réfugiés recherchent leurs proches

Vue générale du camp de déplacés de Mangateen à Juba au Soudan du Sud.
© Akuot CHOL / AFP

Depuis mardi 12 novembre, le Soudan du Sud a un nouveau délai, 100 jours pour nommer un gouvernement d’union et voir rentrer au pays le chef rebelle Riek Machar. En attendant, plus de 3,5 millions de personnes sont soit déplacées, soit réfugiées à l’étranger, brisant ainsi les liens familiaux.

Les déplacés de Mangateen font la queue devant le service téléphonique du CICR. L’organisation leur permet d’appeler leurs familles afin de maintenir les liens. Mais d’autres comme John, 39 ans et originaire du Nord du pays, cherchent encore à retrouver leurs proches.

« Quand la guerre a commencé tout le monde a fui pour sauver sa vie. Pendant deux ans, je ne savais pas où étaient les gens. Je suis seul ici. J’ai mon neveu avec moi. Sa mère est morte, donc je cherche sa grand-mère pour qu’elle le prenne en charge », explique-t-il.

Plus de 4 000 personnes sont encore sur la liste des recherchés. Pour les retrouver, le CICR mobilise ses moyens et ses relations. « On a des photos et des formulaires avec des informations sur l’individu recherché, et qui nous donnent une idée de qui nous recherchons et où, détaille Kaumi Mohamed Kolo, l’un des responsables du programme. On envoie ça dans notre réseau sur le terrain, où il y a des employés locaux issus mêmes communautés, et les recherches commencent ».

S'armer de patience

Les gens doivent s’armer de patience tant les difficultés de la recherche sont énormes. Il a fallu trois ans pour que Komiak Luaks retrouve la trace de son fils, et trois ans de plus pour que ce père de famille le revoie en chair et en os. L’enfant de 13 ans était devenu un jeune homme qui en a désormais 19.

« Je l’ai reconnu, parce qu’il est de mon propre sang. J’ai demandé : "Tu me reconnais ?". Il a répondu non. Il s’est excusé en disant que ça faisait si longtemps. Ça a été une période difficile, confesse le père de famille. Tellement de choses auraient pu lui arriver. Souvent j’ai perdu espoir. Mais maintenant qu’ils me l’ont ramené, je me sens mieux ».

Ayant repris ses études, Komiak Luaks a dû envoyer sa famille en Ouganda. Si la guerre reprend, il sait que là au moins, elle sera en sécurité.

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