Soudan du Sud: coup de pression des États-Unis

Le président sud-soudanais, Salva Kiir, avec le chef rebelle, Riek Machar, à Juba, le 19 octobre 2019.
© REUTERS/Samir Bol

La communauté internationale continue d’accentuer la pression sur le Soudan du Sud. Le gouvernement et l’opposition ont accepté d’accorder 100 jours de plus, avant le retour du chef rebelle Riek Machar et la formation d’un gouvernement d’union avec le président Kiir. Cependant, beaucoup doutent de la bonne volonté des deux hommes. Vendredi, Washington a de nouveau tapé du poing sur la table.

Depuis l’accord pour prolonger la transition, les Américains sont, de loin, les plus bruyants dans leurs critiques. Lors d’une conférence de presse, vendredi 15 novembre, à Addis-Abeba, le secrétaire d'État américain adjoint aux Affaires africaines a dit « ne pas comprendre pourquoi » le gouvernement n’avait pas été nommé le 12, comme prévu.

Tibor Nagy s’en est ensuite pris directement à Salva Kiir et Riek Machar. Le diplomate les a considérés comme des « soi-disant leaders, apparemment très heureux de la situation », estimant les deux hommes « incapables de démontrer la moindre volonté politique », ce qui, selon lui, « interroge sur leurs capacités à mener ce processus ».

Depuis plusieurs jours, Washington menace de prendre de nouvelles sanctions. Tibor Nagy n’a pas dit lesquelles mais il a précisé qu’elles étaient discutées en ce moment même.

Le diplomate a joué aussi sur l’affect en citant le Soudan - l’ennemi héréditaire - comme un exemple à suivre. A Khartoum, les parties ont mis de côté leurs problèmes, le temps de nommer un gouvernement de transition. D’après le secrétaire d’Etat adjoint, Juba devrait s’en inspirer.

Smail Chergui qui était à ses côtés lors de la conférence de presse, n’est pas allé aussi loin mais le Commissaire Paix et Sécurité de l’Union africaine a décrit cette prolongation comme « la dernière chance » pour les deux leaders.

La division administrative du pays et les mesures de sécurité sont les deux problèmes les plus épineux à régler. L’opposition estime que la balle est dans le camp du pouvoir qui, pour l’instant, n’a pas débloqué la totalité des 100 millions de dollars promis pour appliquer l’accord de paix.

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