Amnesty International dénonce la prise en charge des migrants en Afrique du Sud

Des policiers sud-africains éloignent de force des réfugiés qui campaient devant les bureaux du Conseil des Nations Unies pour les réfugiés, le 30 octobre 2019 à Cape Town.
© AFP

Pour l’organisation Amnesty International, qui vient de sortir un rapport sur les difficultés d’accéder au statut de demandeur d’asile dans le pays, la crise des migrants en Afrique du Sud est symptomatique des défaillances du système.

Amnesty International s’est basée sur une série d’interviews réalisées en 2018 pour constituer ce rapport. Ils seraient 268 000 réfugiés et demandeurs d’asile dans le pays, selon les chiffres officiels. Et pour Mienke Steytler, en charge des médias pour l’organisation, il est clair que le système laisse beaucoup d’entre eux dans une situation désespérée. « Le processus de gestion des demandes d’asile est défaillant. Les personnes qui ont quitté leur pays pour sauver leur vie sont laissées pour compte par le système. Nos lois sont pourtant très protectrices, mais leur application laisse beaucoup à désirer. »

Sans papiers, impossible de travailler ou d’accéder à des soins médicaux, comme l’autorise pourtant la loi sur les demandeurs d’asile. Et avec un taux de rejet des demandes de plus de 90% et un grand retard dans le traitement des recours, beaucoup se retrouvent perdus dans le système pendant des années. « Il y a de grandes incohérences dans les décisions, poursuit Mienke Steytler. Sans raison, quelqu’un va avoir un permis d’un mois, quelqu’un d’autre de six mois... Beaucoup d’agents ne connaissent pas bien les pays que ces personnes ont quittés, et peuvent parfois leur dire qu’il n’y a pas de guerre en Somalie, qu’il n’y a pas de problème en RDC, qu’ils ne viennent ici que pour voler des emplois. Donc beaucoup de personnes finissent finalement par rester sans papiers. »

Amnesty demande plus de moyens pour financer les bureaux d’accueil. Le Ministère de l’Intérieur critique de son côté de nombreux étrangers qui abusent, selon lui, trop souvent du système. 

►À lire aussi : Afrique du Sud: l’État débordé par ses demandeurs d’asile

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