Soudan du Sud: à Bentiu, le retour des déplacés partis au Soudan

Le camp de déplacés de Bentiu, au Soudan du Sud, le 14 novembre 2019.
© Sébastien Nemeth / RFI

Le Soudan du Sud a jusqu’à février pour organiser le retour du chef rebelle Riek Machar et former un gouvernement d’union. Désormais, le pays est relativement calme et des réfugiés reviennent au pays petit à petit, notamment du Soudan voisin où ils ont fui.

La région de Bentiu a été l’une des plus touchées par les massacres pendant la guerre. Mais l’accord de paix a donné un nouvel espoir. Bosco n’a que 20 ans. Réfugié pendant deux ans à Khartoum, il a préféré rentrer, malgré le traumatisme. « J’ai vu qu’ils avaient signé un accord, puis les combats se sont calmés donc je suis rentré. Je me souviens des violences, de la fuite. Je fais encore des cauchemars. Je revois les cadavres, je crie et je me réveille. Mais je suis rentré, car c’est mieux d’être chez soi que de rester au Soudan. »

Anan Chateem, elle, est revenue il y a à peine un mois avec son mari, après avoir vécu au sud de Khartoum. Elle vient de Bentiu, mais préfère rester au camp. « La maison a été brûlée. Elle n’existe plus. Je passe devant, parfois. La parcelle est toujours là. Ce ne sera pas facile de reconstruire. Mais un jour le pays sera en paix et on revivra normalement. Dans les guerres du passé, on a toujours fini par trouver une solution. Donc il faut y croire. »

Tous ces retours sont totalement spontanés. Les humanitaires n’encouragent pas encore les réfugiés à revenir au pays. Pour Ap Choa Teoh, chef du bureau du Haut Commissariat aux réfugiés à Bentiu, il est encore trop tôt. « La situation peut changer en une fraction de seconde. Donc ce n’est pas un environnement favorable au retour. Nous ne pouvons pas demander aux gens de revenir alors qu’ils pourraient se retrouver dans une situation encore plus difficile. Bien sûr, on ne peut pas les empêcher de rentrer, et quand ils sont ici, nous faisons tout pour les aider. »

Bentiu est au milieu d’une zone de combats entre l’armée et deux groupes rebelles. Très peu de revenants se risquent donc à rentrer chez eux alors qu’un échec des négociations pourrait relancer les affrontements d’ici trois mois.

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