Sénégal: affirmations et démenti autour de la santé de Hissène Habré

Arrivée du public au procès Hissène Habré à Dakar. Reconnu coupable de viols, crimes de guerre, tortures et crimes contre l'humanité lors de ses années au pouvoir, l'ex-mâitre du Tchad a été condamné le 30 mai 2016 à la réclusion à perpétuité.
© ©AFP/SeyllouOU

Selon l’épouse de l’ancien président tchadien, l’état de santé d’Hissène Habré est en constante dégradation. Fatime Raymonne Habré accuse d’ailleurs les autorités de la prison où il est incarcéré d’obstruction aux soins.

Condamné à la prison à vie pour crimes contre l'humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvement, l’ancien président Tchadien est emprisonné à Dakar depuis trois ans.

Selon Fatime Raymonne Habré, son mari a été victime d’un accident dans sa cellule la semaine dernière. Il se serait fracturé le bras en glissant dans sa douche pendant la nuit. Elle accuse l’administration pénitentiaire de ne pas avoir porté assistance à son mari, malgré ses appels, avant d’ajouter que c’est elle, alertée grâce au téléphone de secours mis à la disposition de son époux depuis sa crise cardiaque, qui a prévenu les autorités de la prison.

Fatime Raymonne Habré affirme également que c’est elle qui, accompagnée de gardes, l’a transporté dans une clinique pour se faire soigner. Fatime Raymonne Habré accuse l’administration pénitentiaire de maltraitance et de mise en danger aggravé d’une personne déjà malade.

Quatre jours avant cet incident, la femme de l’ex-chef de l’Etat avait déjà alerté sur son état de santé. L’administration pénitentiaire avait alors assuré qu'il n'était pas alité et se portait bien et souligné que l’administration prenait toutes les dispositions pour veiller à la bonne santé des prisonniers. L'administration pénitentiaire ne s'est pas une nouvelle fois exprimée depuis les accusations de Mme Habré.

Vers une grâce ?

Le débat sur la santé de l'ancien président tchadien intervient alors qu'une association le soutenant appelle à une grâce médicale pour que celui-ci puisse revenir chez lui pour y être soigné. Ajoutant que cela serait conforme aux valeurs sénégalaises d’humanité et de responsabilité.

Pour l'Association des victimes des crimes du régime, Hissène Habré a le droit d’être soigné s’il est vraiment malade, mais elle craint qu’il ne s’agisse d’une « ruse » pour obtenir cette fameuse grâce. Pour l’Association, les autorités sénégalaises n’ont pas compétence pour gracier l’ex-chef d’État. Il a été jugé par des Chambres africaines créées par Union africaine. Selon, elle la justice sénégalaise n’a fait qu’héberger ces cours et le droit sénégalais n’est pas applicable. À ce titre, la durée de détention ne peut être régie que par le droit international.

Dans l’arrêt d’appel, les juges ont dit clairement que le Sénégal ne pouvait pas réduire la peine.

Le Sénégal peut-il gracier l’ancien dictateur? éléments de réponses avec Roland Adjovi, professeur de droit international à l’université Arcadia aux États-Unis
20-11-2019 - Par Alexandra Brangeon

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