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Niger

Au Niger, quel avenir politique pour l’opposant Hama Amadou?

Hama Amadou, à l'époque où il était président du Parlement du Niger, le 6 novembre 2013 à Niamey.
© AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Rentré au Niger le 14 novembre, Hama Amadou, le principal opposant nigérien, possible candidat à la présidentielle de 2020, s'est rendu lundi lui-même au tribunal afin d'être incarcéré et purger les huit mois restants de sa peine d'un an de prison pour trafic de bébés. Quel avenir politique pour celui dont le casier juridique l’empêche de se présenter à tout poste électif ?

En se mettant à la disposition de la justice pour purger le restant de sa peine, Hama Amadou, selon plusieurs juristes, accepte de facto sa condamnation à un an de prison ferme. La condamnation étant devenue définitive et sans recours, la seule chose qu’il reste à faire, dit-on, est l’exécution de la peine, huit mois ferme.

Plus de casier vierge

Même s’il bénéficiera d’une grâce présidentielle, dit-on, cela ne changera rien sur sa carrière politique. L’infraction demeurera toujours, il aura un casier judiciaire chargé et ne pourra pas présenter à la Cour constitutionnelle un casier vierge, précise un magistrat de haut rang.

Et comme pour enfoncer le clou, la justice nigérienne l’a déchu, il y a quelques mois, de toutes ses capacités à diriger un parti politique. Tout récemment encore, après une crise interne, son mouvement, le Moden Fa Lumanas’est retrouvé avec une présidence bicéphale, issue de deux congrès.

Seule une amnistie peut changer sa situation

L’article 8 du Code électoral, voté par l’Assemblée nationale, ne joue pas non plus en sa faveur. Et même si cet article est révisé, selon un constitutionnaliste, la bonne moralité du candidat est mise en cause, car impactée par le trafic des bébés nigériens.

Selon plusieurs observateurs, seule une amnistie qui n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour, dit-on, pourra sauver le soldat Hama Amadou. Mais il reste à savoir si 139 députés de la majorité sur 171 sont prêts à voter une loi pour amnistier l’ancien président du Parlement qu’ils ont eux-mêmes destitué à travers une motion.

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